Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec a annoncé vendredi une aide financière de 71 750$ à l’Institut de twittérature comparée pour intégrer les médias sociaux en éducation.
L’Institut de twittérature comparée a comme mission de d’assurer la promotion et le développement de la twittérature, cet amalgame entre le format Twitter de 140 caractères et la littérature.
Le montant accordé permettra au cofondateur de l’organisme, Jean-Yves Fréchette, de passer six mois dans une classe de secondaire 5 à titre d’observateur afin de relever des éléments pertinents dans le but de créer «un espace virtuel de collaboration inspiré de Twitter», un microblogue avec des normes de sécurité qui réponde aux préoccupations des enseignants et des parents.
«Twitter, c’est un espace ouvert, c’est un espace public», a expliqué Jean-Yves Fréchette en entrevue téléphonique lundi. «On s’éloigne un peu de la situation de l’apprentissage qui elle commande une certaine discrétion, une certaine intimité.»
Annie Côté, enseignante à l’école Saint-Pierre et des Sentiers à Charlesbourg, a déjà expérimenté le format Twitter en incitant les jeunes à écrire des tweets en guise de devoir. Ils devaient alors résumer en 140 caractères ou moins (mais idéalement 140 caractères pile), une idée en fonction d’un thème choisi. C’est donc en collaboration avec Annie Côté que M. Fréchette a souhaité mener une expérience pédagogique qui n’est pas abstraite, mais qui tienne compte des besoins des élèves.
«La réponse à tout ce qu’on pose comme question à ce moment-ci en éducation est dans les classes», estime M. Fréchette. «Je veux que les élèves soient les auteurs de cette approche.»
Réseaux sociaux encore bloqués
Selon le document public «Facebook et les CS du Québec», une page du Réseau d'information pour la réussite éducative (RIRE) mis à jour en octobre de cette année, 17 commissions scolaires du Québec bloquent en totalité ou partie les réseaux sociaux comme Facebook et YouTube alors que seulement cinq commissions scolaires ne les bloquent pas.
«C’est une question de temps avant qu’ils débloquent ça», a affirmé Jean-Yves Fréchette. «La résistance est un phénomène bien réel constaté dans toutes les organisations.»
Malgré les critiques quant à l’usage de la langue par les adeptes de textos et autres formats courts, Jean-Yves Fréchette se fait positif. La bonne nouvelle pour celui qui mènera cette recherche dans les prochains mois est que les jeunes écrivent. Pour ce qui est de bien écrire, c’est aux parents et aux enseignants de prendre le relais selon lui.