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Portraits d'internautes

La passion du blogue

Canoe.ca 
Simon-Pierre Goulet
08/08/2010 14h03 

Portraits d'internautes - La passion du blogue
Mélodie Nelson. 
©Philippe-Olivier Contant

À l'heure des Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux virtuels, il peut sembler dépassé d'entretenir un blogue en 2010. Pourtant, certains individus persistent à nourrir leur journal de bord personnel de façon assidue.

Dans une série de cinq portraits diffusés tout au long de la semaine, des blogueurs de différents horizons expliquent les raisons qui les poussent à s’exposer sur la Toile.

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Martinis à la vanille, sodomie et vibrateur. C'est le nom du blogue frivole que tient depuis octobre 2008 Mélodie Nelson.

Exemples de titres de billets: «Branleur et tarte aux pacanes» ou «Je n'oublie pas de me brosser les dents tous les jours et de me toucher aussi». C’est de la «chick lit» un brin corsée pour les oreilles sensibles.

«Je ne trouve pas mon écriture nécessairement "hardcore" ou vulgaire, mais elle a un côté cru qui peut faire peur ou ne pas plaire à tout le monde», concède la jeune femme de 25 ans.

Mélodie Nelson, dont le pseudonyme lui a été inspiré par l'œuvre de Serge Gainsbourg, se défend toutefois de tenir un blogue traitant uniquement de sexe. «J'adore parler de cul, mais j'adore parler de nourriture, de mes copines, de mode.»

La Repentignoise d'origine, qui habite aujourd'hui Montréal, admet cependant que beaucoup de lecteurs consultent son blogue dans l'espoir d'y lire quelque chose de sexy et excitant.

Celle qui travaille notamment comme chroniqueuse coquine pour le webzine 33mag dit bloguer pour le plaisir, dont celui d'entrer en contact virtuel avec des gens qu'elle ne connaît pas. Elle apprécie également la discipline qu'impose l'écriture régulière d'un blogue. «Je ne voulais pas faire un livre de mon blogue, mais je savais que la discipline d'écriture ferait en sorte que ce serait plus facile pour moi ensuite d'en écrire un.»

Qu'elle l'ait voulu ou non, c'est tout de même grâce à son blogue que Mélodie Nelson a réussi ce que bon nombre de blogueurs rêvent d'accomplir : se faire remarquer par un éditeur et publier un livre. Il ne s’agira toutefois pas d’un «best of» de ses meilleurs billets. Celle qui travaillait jusqu'à tout récemment comme commis dans une bibliothèque en a plutôt profité pour s'attarder à un aspect de sa vie qu'elle n'avait qu'effleuré dans son blogue: son passé de prostituée. Elle a lancé en mai dernier «Escorte», un roman autobiographique relatant son passage de deux ans dans l'univers des péripatéticiennes travaillant en agence.

Mélodie Nelson, qui dit «aimer tout le monde», jure n'avoir jamais songé à utiliser son blogue avec des visées malveillantes, comme faire chanter d'ex-clients en y révélant des informations embarrassantes sur leur compte.

En outre, elle se dit surprise de n'avoir reçu aucun commentaire de leur part.

«Je m'attendais à recevoir des courriels d'ex-clients étonnés, surpris, peut-être même pas contents, mais je n'ai eu aucune réaction», confie celle qui prend le soin de changer les noms de ceux dont elle parle dans ses histoires.

Extrait de son blogue:

«Le cul, c’est ce qu’il y a de plus important dans ma vie, ça me passionne juste pas de faire de l’origami, ou des bijoux, ou d’étudier le serbo-croate et l’italien. Quand je lis "VanityFair", et que je vois Tiger Woods avec des perles de sueur dans le dos, ça me donne envie de me crosser avec le pommeau de la douche, en faisant semblant que je suis sous une chute d’eau avec le golfeur […]»





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