Mettre sa vie entre les «mains» d'un robot

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 Photo Mike Kiev - Fotolia.com


Alexis Le Marec

Imaginez consulter votre médecin sans avoir à prendre de rendez-vous, qu'il vous diagnostique un problème au genou, et qu'il décide de vous opérer sur le champ. Vous n'êtes pas dans un film ou dans un pays étranger doté d'un système de santé performant… mais bien au Canada. À ceci près que le chirurgien sera un robot!

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Vous souvenez-vous lorsqu'Anakin (le père de Luke Skywalker) se fait opérer et greffer son armure de Darth Vador par des robots dans l'épisode 3 de Star Wars? Cette vision du futur n'est pas si éloignée de nous: la première chirurgie du foie au Canada effectuée à l'aide du robot Da Vinci a eu lieu à Montréal.

Si, pour l'heure, des opérations sont pratiquées par un chirurgien manipulant la machine robotisée sur place, elles pourraient être menées par des robots complètement autonomes dans le futur. Avant d'en arriver là, la chirurgie assistée par un robot a toutefois un bel avenir en raison de ses aspects positifs.

Avantages indiscutables

D'abord, il y a un gain énorme en précision. Le tremblement (même infime) ou les faux mouvements d'un chirurgien pendant une opération délicate sont désormais éliminés.

Aussi, l'utilisation d'un robot évite d'avoir à faire une large incision pour obtenir une vue d'ensemble. La chirurgie s'effectue par endoscopie, qui consiste à introduire dans le corps une caméra et des instruments. La cicatrice est plus petite, plus rapide à guérir et minimise les risques d'infection.

Enfin, les robots chirurgicaux permettent d'effectuer des opérations plus complexes, autrefois impossibles à réaliser. La précision d'une machine permet ainsi de traiter une zone minuscule sans endommager les tissus environnants. Par exemple, le robot Rosa (photo ci-bas) permet d'opérer des tumeurs du cerveau, ou encore de traiter des maladies comme l'épilepsie ou le Parkinson par endoscopie.

Cyberknife, par exemple, permet aussi d'éradiquer des tumeurs en les ciblant avec plus de précision que les méthodes classiques générant d'importants effets secondaires, comme la chimiothérapie. Il permet également d'atteindre des zones impossibles à traiter avec la radiothérapie classique.

Que nous réserve le futur?

Si l'opération à l'aide de robots devient une norme d'ici quelques années, une question demeure: «les robots deviendront-ils suffisamment intelligents pour effectuer seuls des opérations bénignes, sans mettre le patient en danger»?

Selon Dave Evans, chef de la consultation stratégique mondiale de Cisco, un ordinateur quantique sera capable de simuler le fonctionnement d'un cerveau humain dès 2026. En 2050, il serait même en mesure de l'appliquer à l'humanité entière… Avec une telle puissance de calcul, un robot aura les outils nécessaires pour devenir autonome.


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