Michel Munger
Agence QMI

Sans-fil: Ottawa veut des prix encore plus bas

Sans-fil: Ottawa veut des prix encore plus bas

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Michel Munger

MONTRÉAL - Le gouvernement fédéral n'abandonne pas sa promesse de garantir aux consommateurs plus de choix, des prix plus bas et de meilleurs services dans le secteur du sans-fil.

Dans cette optique, Ottawa lance une nouvelle enchère de spectre pour faciliter la vie aux petits joueurs.

Industrie Canada a annoncé lundi matin une enchère du spectre des SSFE-3, des fréquences qui ont une bonne portée, tant en ville que loin des centres urbains. Il peut pénétrer les bâtiments et il est compatible avec la technologie haut débit LTE.

Ottawa va réserver un bloc, dans chaque région du Canada, aux fournisseurs de sans-fil qui détiennent moins de 10 % du marché national et 20 % dans les provinces. Ces joueurs sont notamment Wind Mobile et Mobilicity. Cette dernière est sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers.

Les entreprises seront informées des résultats des enchères avant le début des enchères de la bande de 2500 MHz (en avril 2015), a fait savoir James Moore, le ministre de l'Industrie.

Le gouvernement imposera des règles «strictes» au transfert du spectre acheté. Cela donne suite à son refus répété de permettre à Telus de mettre la main sur Mobilicity.

Wind Mobile et Mobilicity sont-elles capables d'acheter ce spectre, sans concurrents pour faire grimper les prix? «Je ne crois pas qu'ils ont le soutien financier pour le faire, a indiqué Carmi Levy, analyste indépendant en télécoms. Ils ont besoin d'aide. Videotron a les moyens et peut-être la volonté de le faire.»

Avec du spectre à bas prix, les petits joueurs deviendraient des cibles de rachat intéressantes pour Vidéotron si celle-ci voulait devenir le quatrième joueur national. «Il ne reste toutefois pas beaucoup de temps à Mobilicity en raison de ses difficultés financières», a souligné Troy Crandall, analyste pour la banque d'affaires MacDougall MacDougall Mactier.

«Si Vidéotron achète Wind et Mobilicity, elle met la main sur des tours et sur du spectre vendu par le fédéral en 2008, a-t-il ajouté. Mais Québecor serait-elle mieux servie en se concentrant sur ses propres investissements [dans un réseau] à la place ?»

Carmi Levy partage ce questionnement. «Personne ne sait si Vidéotron irait de l'avant en investissant par elle-même, par l'entremise d'acquisitions ou de partenariats, mais les règles sont orientées en sa faveur. C'est comme si Ottawa suggérait qu'il s'attendait à ce que Vidéotron joue le jeu.»

L'entreprise n'a pas encore réagi à l'annonce de lundi.

Le marché du sans-fil reste difficile à percer. Rogers, Bell et Telus retiennent encore 90 % des abonnés.

«Même s'ils se plaignent, les consommateurs ont tendance à rester avec leurs fournisseurs, a expliqué Carmi Levy. Ça leur prend quoi pour changer ? Il n'y a pas de réponse claire à cette question.»

Troy Crandall est d'avis que le gouvernement fédéral agit probablement trop tard. «Le taux de pénétration du sans-fil est de presque 90 %, a-t-il dit. Les trois grands sont bien enracinés, avec des réseaux robustes. Je crois que bien des investisseurs seraient méfiants à l'idée de dépenser plus d'argent pour les affronter.»



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