Marc Braibant
Agence QMI

BlackBerry explore sa mise en vente


Marc Braibant

Dernière mise à jour: 12-08-2013 | 19h38

MONTRÉAL - Le fabricant canadien de téléphones intelligents BlackBerry, en difficulté sur un marché de plus en plus concurrentiel, a annoncé lundi explorer des alternatives stratégiques, notamment une vente partielle ou totale de l'entreprise.

BlackBerry, pionnier de l'internet mobile, a précisé avoir mis sur pied un comité spécial chargé d'évaluer différentes options.

Le groupe, autrefois considéré comme la coqueluche des investisseurs, a été mis en difficulté avec l'arrivée de l'iPhone d'Apple et les appareils utilisant le système d'exploitation Android de Google. Sa nouvelle ligne de téléphones intelligents BlackBerry 10, lancée en début d'année, n'a pas enrayé le déclin de ses parts de marché.

Le titre dégringole

En juin 2008, le titre atteignait un sommet de 148 $ ce qui donnait à l'entreprise une capitalisation boursière de 85 milliards $. Aujourd'hui, l'action vaut un peu plus de 11 $ à la Bourse de Toronto pour une capitalisation de près de 5 milliards $.

Pour inverser la tendance, le fabricant est donc à la recherche de partenariat et n'exclut plus la vente à un gros joueur, comme Microsoft.

«On pourrait supposer que Microsoft, en fait, qui a eu jusqu'à maintenant peu de succès au niveau de la téléphonie mobile, avec son accord avec Nokia, puisse dire, "écoutez, on pourrait très bien offrir un produit combiné"», a indiqué Denis Durand, associé principal pour la firme Jarislowsky Fraser.

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Les analystes sont sceptiques sur la mise en place du nouveau comité en rappelant que l'entreprise avait déjà annoncé des mesures semblables il y a un an lorsqu'elle avait mandaté JP Morgan et la Banque Royale du Canada pour, déjà, explorer diverses options stratégiques.

Pour sa part, le président de Telus Québec, François Côté, estime que la privatisation n'est pas une mauvaise chose.

«Peut-être une privatisation, ce n'est pas mauvais pour justement leur permettre de faire les choses qu'ils doivent faire, sans avoir à les reporter trimestriellement. BlackBerry va continuer à être un partenaire de Telus. J'en suis convaincu», a-t-il indiqué.

En plus des téléphones intelligents qui portent son nom, BlackBerry dispose d'une importante et précieuse collection de brevets et d'une activité de services liée à son système de messagerie qui bénéficie d'une forte image de sécurité. Le groupe avait en plus à la fin juin une trésorerie de 3,1 milliards $ canadiens et aucune dette.

Toute cession partielle ou totale fera probablement l'objet d'un examen attentif du gouvernement canadien, qui a son mot à dire sur les rachats d'entreprises par des acquéreurs étrangers. À Ottawa, BlackBerry a toujours été considéré comme un joyau canadien.

Le gouvernement s'est refusé lundi à tout commentaire sur les derniers développements.

Une chose est sûre, s'il y a une vente, les activités de BlackBerry pourraient être déménagées à l'extérieur du Canada.



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