La course au portable toujours plus autonome pousse à l'audace

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 Photo Pavel Ignatov / Fotolia


Marc Preel et Emmanuelle Trecolle

BARCELONE - Écran photovoltaïque transparent, recharge sans fil ou encore batterie chargée grâce au mouvement: pour alimenter des téléphones intelligents de plus en plus gourmands en électricité, de nouvelles solutions audacieuses apparaissent.

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À la grand-messe annuelle de la téléphonie mobile à Barcelone qui s'est ouverte dimanche, l'entreprise en démarrage française Wysips a présenté les tous premiers téléphones intelligents équipés d'un écran transparent capable de capter l'énergie de la lumière pour charger la batterie.

Le secret? «C'est de l'illusion: les bandes photovoltaïques ne sont pas vraiment transparentes, ce sont des lentilles déposées dessus qui vont faire croire à votre oeil qu'il n'y a rien, alors qu'il y a quelque chose», explique Ludovic Deblois, le patron et cofondateur de Wysips.

Relié à la batterie, le composant, très fin - un demi-millimètre - se place entre l'écran (tactile ou non) et la petite dalle LCD, au moment de la fabrication du téléphone.

À la clé, une autonomie dopée de 20%, à condition de ne pas laisser en permanence son téléphone dans sa poche. Et même la possibilité de rallumer un téléphone déchargé, après quelques minutes de patience, «sous un éclairage ou près d'une fenêtre», précise M. Deblois.

La petite société basée à Aix-en-Provence (sud-est de la France), qui va lancer sa propre production dans deux mois, est aujourd'hui en discussions avec «plusieurs membres du Top 10 mondial des constructeurs de téléphones» et espère avoir un modèle sur le marché avant la fin de l'année, explique-t-il.

Ambition: 100 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici cinq ou six ans, pour un composant qui ne coûte environ qu'un euro par pièce, à comparer aux huit à dix euros d'une batterie.

Des batteries qui ont de plus en plus de mal à suivre les besoins de téléphones intelligents bourrés de nouveaux composants (Wi-fi, fréquences 3G et 4G...) et donc de nouvelles consommations.

«Ce ne sont pas les batteries qui ont une durée de vie moins importante, c'est la demande qui est de plus en plus grande», confirme Basile Carle, consultant à l'Idate et expert en appareils mobiles.

Selon lui, «il n'y aura pas une seule solution pour le problème, c'est toujours une histoire de compromis» entre des composants plus économes, une meilleure batterie et de nouvelles sources d'alimentation.

Comment alors s'affranchir de la sacro-sainte prise murale toutes les cinq ou six heures?

Plusieurs constructeurs et spécialistes de l'énergie (Qualcomm, Energizer, Duracell, Toshiba, Nokia...) misent sur la recharge par induction, une plaque électromagnétique installée dans un lieu idoine (bureau, table de chevet...) sur laquelle il suffit de poser son téléphone, sans fil. Inconvénient: la plaque elle-même reste branchée...

Autre piste: utiliser l'énergie cinétique, celle du mouvement, pour recharger la batterie. C'est ce que fait l'entreprise en démarrage NPowerPEG, avec une batterie externe qui s'alimente quand son utilisateur bouge, par exemple dans un sac à main ou sur un vélo. Mais l'engin, s'il tient dans la main, reste assez volumineux.

Comme souvent en matière d'énergie, la solution passe peut-être plus par les économies des utilisateurs eux-mêmes.

Outre les options de désactivation des fonctions les plus voraces (3G notamment), de nouvelles fonctions apparaissent, comme chez Sony avec un simple bouton de bascule en mode «appels et textos uniquement». De quoi augmenter l'autonomie de 50%, selon David Mignot, directeur général France de Sony Mobile.


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