Une guerre s'annonce du côté du rechargement sans fil

CES

 Photo courtoisie


Rob Lever

LAS VEGAS (États-Unis) - La batterie de votre téléphone est morte? Vous n'êtes pas les seuls. Avec des fonctions toujours plus nombreuses sur les appareils, les batteries durent moins longtemps, forçant à chercher des solutions comme le rechargement sans fil.

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Les consommateurs risquent toutefois de s'y perdre entre les différentes normes techniques existantes, présentées cette semaine au salon électronique CES de Las Vegas.

Le Wireless Power Consortium, qui réunit une centaine d'entreprises, est venu y promouvoir sa norme appelée Qi, permettant de charger un appareil en le posant simplement sur le dessus d'un chargeur, sans avoir à le brancher. Il revendique déjà 130 types d'appareils compatibles et 10 millions au total en utilisation.

«C'est le seul consortium qui a de vrai produits sur le marché», affirme CJ Moore de Fulton Innovation, une des entreprises technologiques membre de ce consortium qui inclut aussi Nokia, LG, Panasonic ou Texas Instruments.

CJ Moore a montré au CES la variété des stations de chargement utilisées, qui peuvent être installées à domicile, mais aussi dans des aéroports ou des cafés.

L'entreprise française Gidophone a déjà installé une centaine de stations de rechargement Qi payantes en Europe. «La réaction à nos kiosques a été phénoménale», affirme Christian Pineau, son vice-président chargé des ventes, et la société a l'intention de s'étendre aux États-Unis.

De nombreux joueurs

Mais Qi n'est pas la seule plateforme de rechargement présentée au CES.

L'Alliance for Wireless Power, qui compte 30 membres dont Samsung, Qualcomm et Deutsche Telekom, y a promis une solution de chargement «de nouvelle génération», utilisant une autre norme qui n'est pas compatible.

«Les consommateurs préfèrent charger plusieurs appareils en même temps», souligne son président Kamil Grajsk lors d'une conférence de presse où il a montré divers formes de chargeurs, comme des tables de café ou des accoudoirs de voiture.

Il a reconnu que l'existence de plusieurs normes pouvait créer de la confusion chez le consommateur. Mais «c'est un marché concurrentiel. Aucune entreprise ou groupement ne peut se déclarer vainqueur», a-t-il noté.

Certains groupes, comme Samsung, sont d'ailleurs membres des deux alliances.

Une troisième organisation, baptisée Power Matters Alliance, soutenue par Google, AT&T et Procter & Gamble et qui met en avant sa propre technologie, a annoncé pour sa part à Las Vegas avoir gagné 30 nouveaux membres.

Son président Ariel Sobelman a fait valoir qu'elle réunissait «des chefs de file mondiaux incontestés dans leur catégorie» et travaillait à créer «un vrai écosystème mondial».

Sa norme est testée dans des cafés Starbucks de la région de Boston en coopération avec les piles Duracell, qui appartiennent à Procter & Gamble, et Delta Air Lines a installé des stations de chargement compatibles dans des aéroports. General Motors prévoit aussi selon l'alliance de l'utiliser dans certains de ses véhicules.

«C'est comme la bataille entre VHS et Betamax», les deux normes de vidéo qui s'étaient opposées dans les années 1980, souligne Jack Black, un scientifique de la société DLS Electronics, qui soutient la norme Qi. «À la fin, le marché imposera une norme».

En attendant, la société néerlandaise de semi-conducteurs NXP produit des composants qui pourraient permettre aux chargeurs d'utiliser différentes normes. «Nous réfléchissons à une solution qui permettrait de reconnaître votre appareil et de le charger», explique son représentant au CES Kai Neumann.

Mais d'autres solutions pourraient aussi émerger, comme des batteries plus durables, des antennes améliorées, et des appareils gérant mieux leur alimentation.


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