L'industrie du sans-fil au Canada n'impose ni les tarifs les plus élevés, ni les moins chers, parmi les autres pays développés. De fait, les tarifs sont dans la moyenne.
Quant au taux de pénétration des services sans fil à haut débit, le Canada est aussi dans la moyenne des pays riches.
Telles sont quelques-unes des constatations du spécialiste Yves Rabeau, professeur associé à l'UQAM, qui a analysé l'état de l'industrie canadienne du sans-fil pour le compte de l'Institut économique de Montréal (IEDM).
Dans une «Note économique» publiée mardi par l'institut de recherche, M. Rabeau souligne que le Canada ne fait pas mauvaise figure dans le dernier rapport bisannuel sur l'industrie des communications publié par l'OCDE en juin 2011. Ainsi, pour quatre scénarios d'utilisation sur six, les prix d'utilisation sont moins élevés au Canada qu'aux États-Unis, bien qu'ils soient plus élevés que la moyenne de l'OCDE.
De plus, dans le cas d'une utilisation comptant le plus d'appels et de messages textes, le Canada se classe cinquième moins cher sur 34 pays.
M. Rabaud s'en prend à ceux qui affirment que les coûts d'itinérance des fournisseurs canadiens sont les plus élevés de tous les pays de l'OCDE.
«Cette comparaison se fonde sur un téléchargement de 1 Mo en itinérance, sans forfait, ce qui est une situation peu réaliste», dit-il.
Lorsqu'on compare le coût de l'itinérance pour un téléchargement de 20 Mo en 20 séances sur une période d'un mois aux États-Unis, la destination la moins chère, le Canada se retrouve au septième rang parmi les moins chers sur 34 pays.
Quant au taux de pénétration des services sans fil à haut débit, le Canada arrive au 24e rang parmi 34 pays développés, «pas loin derrière la France, et devant l'Allemagne, l'Italie et la Belgique».
Ceci fait dire à M. Rabeau que «le Canada se situe non pas au niveau des pays du tiers monde, comme se plaisent à l'affirmer des critiques, mais encore une fois dans la moyenne des pays riches.»
Une étude du fabricant Cisco révèle aussi que le Canada se classe au troisième rang mondial en matière de téléchargement et d'envoi de données sur Internet par les consommateurs, tout juste derrière la Corée du Sud et la France.
M. Rabeau souligne que la grande majorité des consommateurs canadiens ont accès aux services, produits et technologies sans fil les plus avancés.
«Les Canadiens ont donc tout intérêt à ce que soit main¬tenue l'approche mise en place il y a près de deux décennies, soit de s'abstenir d'imposer une réglementation particulière à cet important secteur de notre économie», dit-il, faisant référence à la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes d'examiner la possibilité de réglementer davantage le sans-fil au pays.
La décision du CRTC dans ce dossier est attendue prochainement, après avoir lancé des consultations publiques en avril dernier.