Rob Lever
AFP

Contrôler le cerveau, nouvelle frontière de la technologie

Contrôler le cerveau, nouvelle frontière de la technologie

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Rob Lever

LAS VEGAS - La prochaine frontière pour l'industrie technologique est de parvenir à contrôler le cerveau et notamment ses ondes en vue entre autres d'aider les handicapés.

Au salon de l'électronique CES de Las Vegas, plusieurs entreprises affichent des innovations dans ce secteur où s'unissent ingénieurs, informaticiens et experts en bio-médecine.

La jeune pousse BrainCo, basée à Boston, a présenté son serre-tête «Mind Control», qui capte les ondes cérébrales pour améliorer les facultés de concentration et la détection d'éventuelles maladies, voire pour arriver à contrôler certaines fonctions domotiques ou des prothèses.

Cet appareil «transforme les ondes cérébrales en signaux électroniques», affirme le dirigeant de BrainCo, Zenchuan Lei. Au CES, il a démontré comment une personne portant ce bandeau pouvait faire fonctionner une main artificielle.

Mais «vous pouvez aussi allumer ou éteindre la lumière en vous concentrant sur cette tâche», affirme-t-il.

Dessiné par des ingénieurs de l'université d'Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT), l'appareil utilise le «feedback neurologique». Il devrait être mis en vente cette année pour moins de 150 dollars.

Mais il peut aussi aider les personnes victimes de troubles de la concentration, affirme Zenchuan Lei, en les forçant à mobiliser leurs pensées.

Un produit similaire est présenté par OpenBCI, une entreprise de New York qui entend créer une plate-forme commune pour des secteurs comme la santé et l'éducation. Elle utilise un casque imprimé en trois dimensions qui capture les ondes cérébrales.

Neuro-marketing

«Cela peut aider les gens atteints de sclérose latérale amyotrophique (ou maladie de Charcot) ainsi que les quadriplégiques à communiquer», indique le directeur général de OpenBCI, Conor Russomanno.

Mais il présente aussi des aspects commerciaux comme la possibilité de tester les réactions face à de nouveaux produits et services.

La jeune pousse sud-coréenne Looxid a dévoilé des écouteurs qui détectent à la fois les ondes cérébrales et les mouvements des yeux et affirme que cela apporte une lecture encore plus précise des pensées des individus.

«Aucun autre appareil ne combine ces deux fonctions», affirme le responsable des opérations de Looxid, Alex Chang. En reliant les écouteurs à un ordinateur, «vous pouvez activer la souris en roulant des yeux et appuyer sur une touche en les clignant», promet-il.

Cet appareil va être lancé en juillet, et ses développements ultérieurs pourraient permettre son utilisation pour le contrôle d'objets à la fois physiques et virtuels, la communication et l'analyse de l'état de santé et psychologique de l'utilisateur, voire à des fins d'identification électronique. «Il pourra aussi être utilisé pour les jeux car vous pouvez contrôler les choses avec vos yeux», indique Alex Chang.

«On peut montrer à quelqu'un une publicité et voir où se portent les yeux. Nous pouvons analyser les émotions et voir comment cette personne réagit», ajoute-t-il en évoquant les utilisations de l'invention à des fins de marketing.

D'autres exposants ont présenté des produits attachés à la personne qui peuvent limiter la diffusion des signaux de douleur vers le cerveau, ce qui permettrait à certains patients de ne pas avoir à recourir à des analgésiques aux effets secondaires indésirables.

La technique du «neuro-feedback» est aussi utilisée par l'entreprise canadienne Interaxon, qui propose un serre-tête appelé «Muse». Avec des capteurs placés sur le front et derrière les oreilles pour mesurer les ondes cérébrales, il peut être utilisé pour améliorer les techniques de méditation. «C'est comme d'aller à la gym. Le muscle ne se développe pas si vous ne le faites pas travailler régulièrement et c'est la même chose pour le cerveau», indique une des dirigeants de Muse, Tracy Newsom-Rosenthal.

Une autre jeune pousse, Nervana, basée en Floride, a montré au CES une technologie permettant de développer le plaisir cérébral apporté par la musique en déclenchant la diffusion de neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine et l'ocytocine. «Nous envoyons un signal par l'intermédiaire du nerf vague qui produit la dopamine et cela vous délasse», déclare sa patronne, Ami Brannon, affirmant que certaines personnes décrivent une sensation euphorique.

«Mais il ne s'agit pas de contrôler le cerveau», souligne-t-elle. «Nous accédons au système nerveux central et cela stimule le nerf pour inciter le cerveau à produire de la dopamine», précise-t-elle en ajoutant: «les gens qui font du yoga ou de la méditation peuvent déjà le faire».

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