Jean-Sébastien Marsan
Agence QMI

La «Silicon Valley» canadienne toujours fragile

La «Silicon Valley» canadienne toujours fragile

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Jean-Sébastien Marsan

MONTRÉAL - Le président des conseils d'administration de Telesystem et de la Banque CIBC, Charles Sirois, est d'avis que le secteur technologie canadien demeure fragile.

Pour que le pays devienne «la Silicon Valley du capital de risque» il faut, selon l'homme d'affaires, aider les petites entreprises technologiques à pénétrer les marchés étrangers et à croître, jusqu'à devenir des sociétés de taille moyenne.

M. Sirois, qui a créé un capital de croissance privé qui investit dans des PME canadiennes, Tandem Expansion, prenait la parole mercredi midi devant ses pairs de Réseau Capital, une association regroupant des professionnels de sociétés d'investissement en capital privé, qui étaient réunis à Montréal pour leur 23e congrès annuel.

Le marché québécois du capital-risque se porte bien avec des investissements de 588 millions $ en 2013, en hausse de 46 % comparativement à 2012. Le «capital d'amorçage » (love money, incubateurs d'entreprises et autres accélérateurs) est très dynamique, a souligné Charles Sirois. Le capital de risque conventionnel (celui des institutions financières et des fonds spécialisés) demeure suffisant, de même que les crédits d'impôt pour la recherche et développement.

Là où le bât blesse, c'est lorsqu'une entreprise techno veut prendre de l'expansion. «Contrairement au démarrage et développement, il y a peu de capital qui se spécialise dans le développement des marchés étrangers pour nos entreprises», a déploré Charles Sirois.

L'entreprise qui veut financer son expansion sur un marché extérieur va généralement émettre des actions. Une «dilution coûteuse et risquée», selon le conférencier, qui préconise un autre outil financier: la débenture subordonnée, «dont le rendement serait ajusté en fonction du succès de la pénétration du marché étranger».

Des fonds d'investissement qui se spécialiseraient dans ce type de financement seraient plus efficaces que l'émission d'actions ou les crédits d'impôt. «Parce que le gouvernement ne porte pas de jugement sur la qualité de votre recherche et développement, il débloque des crédits, et c'est correct, de dire Charles Sirois. Mais pour conquérir les États-Unis, l'Europe ou l'Asie, je crois qu'il devrait y avoir un jugement sur la faisabilité de l'entreprise. Si ça se fait par débenture, il y aura un jugement du marché.»

Charles Sirois a plaidé pour une croissance des entreprises techno, qui est «le grand défi canadien». Le secteur des technologies au pays compte très peu d'entreprises de moyenne et de grande taille, a-t-il rappelé. Pour prendre de l'expansion ou se déployer à l'étranger, les entreprises en démarrage doivent se vendre aux plus offrants, le plus souvent à des moyennes et grandes entreprises américaines bien capitalisées.

Pourquoi pas

Réagissant à chaud aux propos de Charles Sirois, le président-directeur général de Réseau Capital, Jack. H. Chadirdjian, s'est dit agréablement surpris. «Je vais en parler à l'interne, aux investisseurs membres du Réseau, et il faudra voir avec le nouveau gouvernement comment on peut véhiculer cette idée.»



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