Agence QMI

Logiciels libres: Québec pourrait sauver 265 millions$

Logiciels libres: Québec pourrait sauver 265 millions$

Photo Fotolia

MONTRÉAL – Le gouvernement du Québec pourrait épargner des centaines de millions s’il décidait d’opter pour les logiciels libres, avance l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) de Montréal.

Dans une note économique publiée vendredi, l'IRIS affirme que le gouvernement tient présentement un discours ambigu, en regard des logiciels dont la licence d'utilisation en permet l'utilisation sans restrictions.

Ainsi, pendant que le gouvernement Marois décidait de reconduire un décret permettant à l'appareil gouvernemental d'acheter de nouveaux logiciels propriétaires sans appel d'offres, il créait en même temps un Centre d'expertise en logiciel libre (CELL) pour soutenir les organismes publics dans l'utilisation de tels logiciels aussi appelés «open source».

Pour l'IRIS, si les pouvoirs publics se montrent «parfois intéressés (aux logiciels libres) sur le plan du discours, ils reportent constamment les projets concrets d'adoption ou les relèguent à des projets pilotes».

Or, bien qu'il soit difficile d'évaluer les dépenses en logiciels pour l'appareil public au Québec, l'IRIS estime à près de 1,4 milliard $ le coût de migration de plusieurs centaines de milliers de postes de travail vers une version plus récente de Microsoft, dont une somme de 264,7 millions $ ou 19 % consacrée à l'achat de licences.

L'adoption de logiciels libres permettrait d'épargner cette somme de 264,7 millions$.

«En présumant que le cycle de vie d'un produit Microsoft varie de cinq à dix ans, on parle alors d'une dépense minimale de 26 à 52 millions $ par année qui pourrait être évitée, et ceci, uniquement sur le plan du gouvernement provincial et uniquement en ce qui concerne certains produits Microsoft», écrit le chercheur associé Stéphane Couture dans sa note, rédigée en collaboration avec le chercheur Simon Tremblay-Pepin.

L'IRIS fait aussi valoir que le choix des logiciels libres assurerait une plus grande indépendance face à la grande entreprise, tout en permettant au Québec d'offrir cette expertise auprès d'autres pays souhaitant effectuer un virage similaire.

L'IRIS appelle les différents paliers du gouvernement à divulguer des analyses des coûts et des économies qui découleraient de l'adoption de logiciels libres.

«Cette démarche serait particulièrement pertinente dans le contexte d'une migration gouvernementale massive imminente», a affirmé M. Couture.

Le Québec agit

Le ministre responsable de l'Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, défend le bilan du gouvernement en matière de logiciels libres.

En plus de la création du CELL, «le gouvernement a annoncé une série de mesures comme le développement de projets phares, la publication de standards ouverts, le lancement d'un appel d'offres pour le courrier électronique et l'évaluation des mécanismes administratifs freinant l'utilisation du logiciel libre», a plaidé M. Bédard, dans un communiqué publié la veille de la Journée internationale du logiciel libre.

M. Bédard a ajouté que le gouvernement encourageait «tous les ministères et organismes à emboîter le pas et à chercher des solutions libres pour une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs ressources informationnelles».

De plus, il a lancé une invitation aux gestionnaires pour qu'ils fassent connaître leurs projets et la valeur ajoutée de ceux-ci, «autant sur le plan de l'efficacité que sur le plan du développement économique du Québec».



Cliquez sur «J'aime» pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos