Matériel électronique: la fin des grandes surfaces?

Québec - Matériel électronique: la fin des grandes surfaces?

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Jean-Sébastien Marsan

MONTRÉAL – Plus branchés et informés que jamais, les clients font trembler les grandes surfaces de matériel électronique avec de nouvelles habitudes de consommation, selon des experts. Plusieurs bannières ont dû fermer boutique (Dumoulin, Aventure Électronique) ou doivent s’adapter à cette nouvelle réalité (Future Shop et Best Buy).

«Compte tenu de la nature du produit, une partie de la clientèle est particulièrement infidèle», a expliqué Luc Dupont, professeur de communication à l’Université d’Ottawa et spécialiste de la publicité, du marketing et des médias sociaux.

Donnant l’exemple du remplacement d’une composante d’un ordinateur ou d’un téléviseur, le spécialiste a souligné que jadis, le consommateur s’adressait au détaillant le plus près de chez lui.

Aujourd’hui, le consommateur tape le nom de son appareil dans un moteur de recherche, obtient les coordonnées de plusieurs vendeurs, compare les prix et ensuite commande. Luc Dupont a dit avoir vu des gens qui achètent directement en Chine en utilisant le site web de ventes aux enchères eBay.

«Les sites web de Best Buy et de Future Shop fonctionnent très bien pour générer du trafic, a expliqué l’universitaire. Mais ça ne signifie pas que tous les consommateurs qui consultent ces sites vont acheter chez Best Buy et Future Shop. Après le magasinage en ligne, ils vont chercher l’offre la moins chère.»

Pour autant, les gros joueurs du marché ne baissent pas les bras, a expliqué Simon Lamarche, associé de la firme de stratégie et de marketing internet Adviso.

«Les gros joueurs sont de plus en plus agressifs, a-t-il affirmé. Amazon.com, par exemple, vend de tout, pas seulement des livres. (Ce n’est pas le cas d’Amazon.ca, au Canada.) Aux États-Unis, Amazon est en train de tester la livraison le jour même.»

Par ailleurs, estiment certains observateurs, le consommateur de techno acceptera de payer plus cher dans des circonstances particulières.

Pour Yves Lapierre, patron de Phéromone, entreprise de stratégies et de solutions web, Apple joue la carte de la confiance misant sur son design, sa qualité et sa fiabilité.

«Apple n’essaie pas de faire croire que leurs produits sont moins chers que les autres, a-t-il dit. Leurs produits sont plus chers et ils le savent très bien.»

Luc Dupont croit également que les jeunes, plus branchés que leurs aïeux, sont également ciblés par un marketing qui leur promet «le» produit qui comblera exactement leurs besoins. C’est le cas notamment des marques iPhone, iPad, iPod.

Or, a-t-il ajouté, «[aucune grande surface] ne peut stocker tous les produits qui peuvent satisfaire toute cette clientèle ».


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