La durée de vie des appareils électroniques est-elle programmée?

Consommation - La durée de vie des appareils électroniques est-elle programmée?

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Mélanie Loisel

Téléphone intelligent, télévision, réveil-matin et ainsi de suite. Est-ce que ces objets figureront cette année sur votre liste de cadeaux de Noël? Mais pourquoi achetons-nous de plus en plus fréquemment ces objets?

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Depuis quelque temps, les défenseurs des consommateurs dénoncent ce qu’ils appellent «l’obsolescence programmée», c’est-à-dire que nos appareils seraient volontairement fabriqués pour ne durer que quelques années. Est-ce vraiment le cas?

Il est bien difficile de prouver que les entreprises déterminent à l’avance la date de péremption de leur produit au moment de leur conception et que ces produits flancheront juste après la durée de la garantie.

Mais tout le monde est en mesure de constater que les électroménagers, les téléviseurs et autres appareils électroniques durent beaucoup moins longtemps qu’avant.

Une récente étude sur la durée de vie des équipements électriques et électroniques, réalisée en France, relate que la durée moyenne des électroménagers serait de six à neuf ans alors qu’elle était auparavant de 10 à 12 ans.

En 1990, les ordinateurs duraient en moyenne dix ans, alors qu’on les remplace aux trois ans de nos jours. Les téléviseurs étaient conservés pendant une dizaine d’années tandis qu’on les garde maintenant que six à sept ans.

«C’est vrai que le cycle d’achat est raccourci de nos jours, parce que nous avons basé la croissance de l’économie sur la consommation et les consommateurs cherchent toujours les produits les moins chers», note Jacques Nantel, professeur de marketing à HEC Montréal.

Les entreprises cherchent, par conséquent, à diminuer leur coût de production et à offrir les meilleurs prix en faisant fabriquer leurs produits principalement en Chine. La forte concurrence, surtout des produits électroniques, fait aussi en sorte que les prix sont tirés vers le bas.

Autre stratégie, les fabricants de biens électriques et électroniques changent continuellement des détails sur leurs produits pour inciter les consommateurs à acheter davantage. Qui n’a pas envie de se procurer l’appareil dernier cri?

En cinq ans, Apple a notamment lancé six versions de son iPhone; ce qui incite les consommateurs à acheter continuellement de nouveaux téléphones.

«Les batteries des téléphones d’Apple vont généralement faire défaut avant le téléphone et le problème, c’est que leurs appareils sont conçus pour qu’on ne puisse pas les changer», note monsieur Nantel qui déplore que les produits soient de moins en moins modulables.

Auparavant, il était facile de se procurer des pièces de rechange chez les fabricants alors que ce n’est plus le cas. De plus, les coûts de réparation d’un produit sont souvent plus élevés que les coûts des produits neufs.

L’Observatoire sur la consommation responsable à Montréal a d’ailleurs conclu dans une étude sur la durée de vie des laveuses et des lave-vaisselle, que la difficulté de réparer un appareil était la principale raison d’en acheter un nouveau.

Néanmoins, le consommateur demeure, en grande partie, responsable de la réduction de la durée de vie des objets.

En fin de compte, c’est lui qui fixe son budget, qui cherche des produits à bas prix, qui privilégie une marque plutôt qu’une autre et qui change ses appareils avant qu’ils ne soient désuets.


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