MONTRÉAL - Le comportement anticoncurrentiel dont est accusée Bell n'existe pas et les règles du jeu au Canada devraient lui permettre d'acheter le diffuseur Astral, a fait savoir l'entreprise vendredi devant le CRTC.
Dans sa réplique officielle aux témoignages effectués lors des audiences publiques cette semaine, le président et chef de la direction George Cope s'est vidé le coeur.
«Certains ont accusé Bell de ne pas se comporter de façon appropriée, avec plusieurs allégations non prouvées et dans certains cas de simples fabrications», a-t-il indiqué.
M. Cope a fait référence aux accusations d'abus de pouvoir formulées par les concurrents en matière de télévision. Bell se fait reprocher de ne pas leur vendre son contenu sur plusieurs plateformes, favorisant ainsi ses services de télécoms.
Il estime que ses rivaux n'ont pas complètement fait leurs devoirs. «J'ai travaillé pendant 27 ans dans cette industrie, a-t-il affirmé [...] Et j'ai développé la réputation d'être un dirigeant approchable. Seulement un PDG m'a téléphoné pour régler une dispute [de droits de diffusion] et c'est Darren Entwistle, de Telus.»
M. Cope croit que ses acquisitions stimulent la concurrence, citant l'exemple de CTV, qui aurait poussé Québecor à lancer des services tels que TVA Sports. À son avis, Bell ne dépassera pas le seuil des 35 % d'écoute en télé, se conformant ainsi aux règles du CRTC.
Un rejet causerait d'autre part de l'incertitude sur les marchés et entraînerait des pertes d'emplois.
«La vente d'actifs ou le rejet de la transaction vont ultimement mener à la scission de la grande compagnie que Ian Greenberg et son équipe ont bâtie, ainsi qu'à des pertes d'emplois significatives au Québec et ailleurs», a-t-il ajouté.
De son côté, le chef des affaires réglementaires de Bell, Mirko Bibic, a pris des engagements envers le CRTC en cas d'autorisation de l'achat d'Astral. L'entreprise maintiendra en ondes les stations locales de nouvelles jusqu'à la fin août 2016.
La compagnie a accepté également de respecter un code de déontologie sur l'intégration verticale. Si nécessaire, elle réaffectera 40 millions $ d'avantages tangibles prévus pour sa filiale Norhtwestel vers du contenu à l'écran.