WASHINGTON - L'armée de l'Air américaine doit procéder mardi à un nouveau test d'un engin hypersonique, le X-51, capable de voler à Mach 6 (plus de 7300 km/h), a-t-on appris auprès de l'US Air Force.
Surnommé le «surfeur» («waverider» en anglais) car il surfe sur l'onde qu'il dégage, le X-51 est long d'environ huit mètres et a l'apparence d'une fusée dont le nez aurait été aplati.
Accroché sous l'aîle d'un bombardier B-52 qui doit décoller de la base aérienne d'Edwards, en Californie, l'engin sera lâché peu après 10h00 locales au-dessus du Pacifique à 15 000 mètres d'altitude, a affirmé Kenji Thuloweit, un porte-parole de la base américaine.
Un moteur, d'habitude utilisé sur des missiles, propulsera le X-51 à Mach 4,5 (plus de 5000 km/h) pendant 30 secondes avant qu'un statoréacteur ne prenne le relais et l'amène à une altitude de 21 000 mètres et une vitesse de Mach 6.
L'engin s'abîmera ensuite dans l'océan à environ 700 kilomètres de son point de largage et ne sera pas récupéré.
À ce stade, le X-51, qui a effectué son premier vol d'essai en mai 2010, n'est qu'un démonstrateur, pas même un prototype. L'objectif est d'améliorer la connaissance en matière de vol hypersonique, c'est-à-dire à une vitesse supérieure à Mach 5 (6000 km/h).
À cette vitesse, la chaleur et la pression rendent les réacteurs conventionnels inutilisables. La maîtrise du vol hypersonique pourrait fournir un avantage stratégique à celui qui la posséderait.
La Darpa, l'agence de recherche du Pentagone, estime qu'elle représenterait un avantage équivalent à celui de l'arrivée des avions furtifs dans l'arsenal américain à la fin des années 1970.
Cette technologie pourrait trouver des applications dans les avions de reconnaissance, les frappes à longue portée ou encore le transport à longue distance et grande vitesse.
Le Pentagone mène plusieurs projets de front. En novembre 2011, il a testé avec succès une bombe volante hypersonique nommée Arme hypersonique avancée (ou AHW pour «Advanced Hypersonic Weapon»). En août 2011, l'essai d'un planeur volant à Mach 22 (27 000 km/h) baptisé HTV-2 avait en revanche échoué pour son second test.