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Prise en main

«Dishonored»: méchant malgré soi

Agence QMI 
Steve Tilley
20/10/2012 04h00 

 
 
Prise en main - «Dishonored»: méchant malgré soi
 
Photo courtoisie

TORONTO - La plupart du temps, je suis quelqu'un de sympathique, je n'abuse pas de la gentillesse des gens, du moins pas consciemment.

Je ne fais pas de mal à mes proches de manière préméditée, je traverse la vie avec l'état d'esprit suivant «ne pas faire à autrui ce que je ne voudrais pas que l'on me fasse». Je ne ferai pas de mal à une mouche, mais, parfois, être un gars bien me joue des tours, dans le monde réel, mais aussi dans le monde virtuel.

Situé dans un royaume fictif, une version «steampunk» de l'Angleterre victorienne, Dishonored place les joueurs dans la peau d'un assassin nommé Corvo, incarcéré pour le meurtre de l'impératrice, qu'il a passé des années à protéger. Après sa libération par les alliés, qui pensent que l'assassinat a été ordonné par des politiciens corrompus, Corvo doit parcourir les rues, les toits et les égouts de la ville Dunwall, ravagée par la peste, afin de retrouver les bandits qui ont assassiné l'impératrice, et kidnappé sa fille.

En tant que Corvo, vous êtes un mélange de Batman, James Bond et Merlin, tel qu'imaginé par Charles Dickens. Vous pouvez croiser le fer avec les gardes de la ville, mettre le feu à vos ennemis avec des flèches incendiaires d'arbalète, vous téléporter d'un toit à un autre, ou encore invoquer une nuée de rats pour dévorer tous ceux qui s'opposent à vous.

Dans une ère de jeux vidéo dominée par les itérations annuelles de franchises ennuyantes, et vaches à lait, Dishonored est unique et vivifiant. Le port baleinier de Dunwall est magnifiquement imaginé, depuis ses taudis infestés de rats jusqu'aux maisons opulentes de l'élite corrompue de la ville, et le jeu exige un certain niveau de patience et de créativité afin de profiter pleinement de tout ce qu'il offre.

C'est aussi un jeu qui vous questionne sur le mal que vous êtes prêt à infliger à ceux qui vous entourent pour obtenir ce que vous voulez, et c'est ici que le bât blesse pour moi: c'est difficile d'être un bon gars. Alors que Dishonored offre techniquement une certaine liberté, l'évolution du jeu veut que vous suiviez le chemin de la morale et de la non-confrontation, ce qui rend le chemin encore plus difficile à parcourir.

Je peux faire quelque chose comme implanter une bombe à retardement dans un rat, et l'envoyer se précipiter vers un groupe d'ennemis, ou arrêter le temps lorsqu'un gardien tire un coup de fusil à silex sur moi, prendre ensuite possession de son corps, le placer sur le chemin de sa propre balle, et relâcher le temps.

Au lieu de cela, je me retrouve à essayer de passer à travers chacun des neuf chapitres tentaculaires du jeu avec la case «no kills» cochée, et mon niveau de chaos - révélé à la fin de chaque mission - aussi bas que possible. Décidément, ce n'est vraiment pas facile d'être gentil.

Dunwall ressemble plus à une série d'obstacles avec un ensemble très spécifique d'options de solutions, qu'à une ville vivante et aérée. Très bien; c'est donc la route agressive, celle de la téléportation sur le toit, et de la possession des poissons qu'il faut emprunter.

Ces défauts, ainsi que les visuels, pourraient bien ternir l'expérience, mais le charme de Dishonored vient de sa saveur, de son atmosphère, et de sa volonté d'être différent.

En ce qui concerne le fait d'être un gentil garçon, je lui donne le bénéfice du doute.

Dishonored
Plateformes: Xbox 360 (test), PS3, PC
Éditeur/développeur: Arkane Studios/Bethesda Softworks
Public: Adulte

Note: 4 (sur 5)

Dishonored: ses précurseurs

Bien qu'original, et novateur, Dishonored a une dette envers les jeux qui l'ont précédé. Si vous aimez Dishonored, vous vous devez de jouer aux jeux qui l'ont influencé.

Thief
Situés dans un monde «fantasy-steampunk», les jeux de la série Thief favorisent l'infiltration non létale, et possèdent une ambiance incroyable, souvent effrayante. Le prochain Thief 4 est actuellement en développement dans les studios Eidos de Montréal.

Half-Life 2
Si le port de pêche à la baleine ravagé par la peste de Dunwall vous rappelle la dystopique Cité 17 de Half-Life 2, c'est probablement parce que le talentueux directeur artistique Viktor Anotov a travaillé sur les deux jeux.

Hitman
Comme Dishonored, les jeux Hitman permettent aux joueurs d'être agressifs, mais leur offrent aussi la possibilité de devenir furtif. Le Hitman: Absolution, dont la sortie est prévue pour cet automne, promet d'être superbe.

BioShock
Avec leurs paramètres uniques, des récits évolués, et la combinaison de la puissance de feu traditionnelle aux capacités surnaturelles, Dishonored et BioShock ont beaucoup de similarités.

Deus Ex
L'étonnant Deus Ex a été l'un des premiers jeux à offrir aux joueurs de multiples manières de contourner les obstacles dressés sur leur passage. Le concepteur du jeu, Harvey Smith, est également impliqué dans Dishonored.



 
 


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