Dans Resident Evil 6, les méchants lambdas n'existent pas.
Les ennemis d'apparence normale se transforment en des hybrides homme/créature grotesques, revêtant de massifs bras mutants, des jambes d'insectes, ou des sacs remplis de matière visqueuse qui éclatent pour révéler une anatomie encore plus troublante. D'une certaine manière, les méchants de Resident Evil 6 ne sont pas comme Resident Evil 6.
Le dernier volet de cette longue épopée de l'horreur comporte tellement d'appendices bizarres qu'il est difficile de déceler l'humanité qui a jadis existé en dessous.
Le jeu échange la tension légendaire de la franchise pour des scènes d'action tellement grotesques que Michael Bay lui-même en pleurerait de rire. Resident Evil 6 offre de bons moments de stress, mais presque tous effacés par de mauvais choix esthétiques.

C'est un effort inégal de 30 heures qui aurait pu devenir une course exaltante de 15 heures si des esprits plus sains et des ciseaux plus aiguisés avaient contribué au projet. Et c'est vraiment dommage.
Resident Evil 6 suit sept personnages à travers quatre intrigues qui s'entremêlent sur fond de virus bioterroriste qui transforme les gens en monstres gluants.
Trois de ces histoires regroupent les personnages - les vedettes de Resident Evil: Leon Kennedy et la séduisante Helena Harper, le pilier de la série Chris Redfield et son compagnon soldat Piers Nivans, et le mauvais garçon Jake Muller et la mince Sherry Birkin - avec une quatrième menée en solo par l'énigmatique Ada Wong.
Chacune de ces campagnes ressemble à un jeu complet, et chacune compte de nouvelles armes lourdes (qui est la nouvelle norme de Resident Evil), un méli-mélo de combats avec des «boss», des séquences furtives, des défis chronométrés, des courses de véhicules maladroits, des cinématiques mélodramatiques et autres bizarreries en tout genre. C'est comme si aucune des idées n'avait été jugée trop ennuyeuse pour être incluse.

Un niveau dans lequel les personnages sont aveuglés par des bourrasques de neige et glissent en bas de la montagne? Pourquoi pas! Une fastidieuse chasse aux clefs dans un marché-labyrinthe? Les gens vont adorer!
Des monstres massifs qui ne semblent pas être affectés par les armes, et qui vous font vous demander après votre cinquième mort frustrante si vous êtes vraiment en train de faire ce que le jeu vous demande? Parfait!
Et en cas de doute, faire appuyer les joueurs sur les boutons et agiter leurs joysticks!
En plus de la salve des fusils de chasse, vous aurez des dizaines d'objets de collection à débloquer, des compétences à obtenir pour construire et deux modes en ligne qui apportent une nouvelle dimension au jeu.
L'un d'eux, le familier mode «Mercenaires», est joyeusement frénétique. L'autre, qui permet aux joueurs de contrôler des zombies, des monstres et des dobermans morts-vivants sont une nouveauté, gâchée par d'horribles contrôles. Une fois encore, un yin-yang de plaisir et de futilités.

Pour profiter pleinement de Resident Evil 6, il faut capituler devant son côté absurde et quétaine, et passer outre le non-sens de cette course sanglante. Et, si possible, jouer avec un partenaire patient, comme j'ai pu le faire, la joie partagée est décuplée, la douleur partagée est diminuée.
Malgré l'utilisation des personnages et de certaines situations des précédents opus, Resident Evil 6 va décevoir les amateurs de la série de longue date qui se sentaient déjà privés de leurs droits par Resident Evil 5, tout en restant trop bizarre et irrégulier pour conquérir un nouveau public.
C'est un monstre triste et effrayant à la fois, tuez-le et passez votre chemin.
Plateformes: Xbox 360 (test), PS3
Éditeur/développeur: Capcom
Public: Adulte
Note: 3 (sur 5)