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La baisse du crédit d'impôt fera mal au secteur du jeu vidéo

La baisse du crédit d'impôt fera mal au secteur du jeu vidéo

Le bureaux de Warner Bros.Games à Montréal. Photo Joel Lemay / Agence QMI

MONTRÉAL - Les producteurs de jeux vidéo du Québec accueillent froidement la baisse du crédit d'impôt à la production multimédia, annoncée mercredi dans le budget Leitao. La décision pourrait compromettre des projets d'expansion et la création de nouveaux emplois.

Le gouvernement a fait passer le taux du crédit d'impôt remboursable à la production multimédia de 37,5 % à 30 % afin d'économiser 40,5 millions $ en trois ans. Le crédit permet aux producteurs de réduire le coût de leur masse salariale.

«Quand les studios se battent pour obtenir des mandats internationaux auprès de leur maison mère, ils tiennent compte des crédits d'impôt dans leur plan d'affaires», a dit Martin Carrier, président de l'Alliance numérique et chef du studio de Warner Bros. à Montréal.

Dorénavant, les studios comme Ubisoft et Warner Bros. devront assumer une plus grande part du salaire de leurs employés. Pour un employé gagnant 72 000 $ par année, le salaire annuel moyen du secteur au Canada, les studios recevront un crédit de 21 600 $ plutôt que de 27 000 $.

Chez Warner Bros., qui emploie 400 personnes à Montréal, la perte pourrait représenter près de 2,2 millions $ par an, selon une évaluation d'Argent.

Chez Ubisoft, qui regroupe environ 2 900 travailleurs à Montréal et Québec, le manque à gagner pourrait atteindre 15,7 millions $, annuellement.

Les studios mettront-ils des projets de développement sur la glace? L'automne dernier, Warner Bros. a annoncé son intention de créer 100 nouveaux postes à Montréal d'ici 2018. Quelques jours plus tôt, Ubisoft avait annoncé la création de 500 emplois supplémentaires sur sept ans.

Pour le moment, Ubisoft refuse de se prononcer sur le sort du projet. «C'est une nouvelle majeure et nous devons prendre le temps nécessaire pour bien l'analyser avant de commenter», a dit Cédric Orvoine, vice-président ressources humaines et communications chez Ubisoft.

Martin Carrier reconnaît cependant que des projets pourraient être compromis par la révision du taux du crédit d'impôt québécois. «Il est certain que plusieurs dossiers seront étudiés de nouveau même s'il est encore tôt pour statuer», a-t-il dit.

Le Québec n'est pas le seul à offrir un tel crédit. On en retrouve à travers le monde et certains gouvernements remboursent jusqu'à 50 % de la masse salariale. L'Alliance numérique s'attendait à devoir défendre le crédit multimédia devant la Commission sur la révision permanente des programmes, mais elle a été surprise de la décision de Québec.

«Le succès de l'industrie québécoise du jeu vidéo est lié au crédit d'impôt», a rappelé Martin Carrier, précisant que le secteur emploie 9000 personnes et génère des retombées annuelles de 741 millions $.

Le taux d'une trentaine de crédits d'impôt destinés aux entreprises a été abaissé de 20 % dans le cadre des compressions décrétées par le budget Leitao.



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