«Shadowrun»: quand la magie rencontre la technologie

Critique

 Photo courtoisie


Steve Tilley

TORONTO — Il n'existe pas de meilleure combinaison que celle proposée par Shadowrun, un mélange de la science-fiction de Blade Runner, avec la magie et les créatures fantastiques de Le Hobbit.

Ce qui est criminel, c'est de voir que trop peu de jeux vidéo existent dans ce monde «sci-fantasy» incroyablement fertile.

Shadowrun Returns, disponible dès maintenant via le service de téléchargement numérique Steam, est un travail d'amour dirigé par Jordan Weisman, le créateur original du jeu de rôle papier Shadowrun sorti en 1989.

Situé dans les années 2050, il propose un monde «cyberpunk» transformé quelques décennies plus tôt par un événement connu sous le nom de «Awakening», après lequel la magie est soudainement devenue une réalité, avec une partie de la population mutée en elfes, nains, trolls, et autres créatures tolkienesque.

Weisman, et son studio Harebrained Schemes ont lancé une campagne Kickstarter en mars 2012, demandant 400 000$ pour remettre Shadowrun sur pieds. Ils ont réussi à récolter près de 1,9 million de dollars en élargissant la portée du jeu au-delà de ce que les développeurs avaient initialement imaginé.

Le résultat est une version moderne des bien-aimés jeux de Super Nintendo et Sega Genesis du milieu des années 90, et propose une sorte de suite, même si aucune connaissance préalable du jeu n'est nécessaire pour comprendre ou apprécier.

Les joueurs incarnent un «shadowrunner» (coureur de l'ombre) qui enquête sur l'assassinat d'un ancien camarade, suivant des pistes qui le font traverser les bidonvilles les plus dangereux de Seattle, et fréquenter les entreprises qui dirigent le monde.

Les joueurs peuvent créer leur personnage à partir d'une variété de classes et d'espèces, allant du samouraï des rues aux membres cybernétiques, à un troll qui peut faire exploser ses ennemis avec des boules de feu, et pirater les systèmes de sécurité. Le jeu oscille entre exploration, dialogue avec des personnages pour récolter des indices, et batailles au tour par tour contre la sécurité des entreprises, les «shadowrunners» ennemis, les systèmes de défense du cyberespace, et plus encore.

Considérant le peu de temps qu'il a fallu au petit studio pour réaliser ce jeu, Shadowrun Returns est impressionnant. Il ne dénature pas les conventions du jeu de rôle au tour par tour, et si vous avez déjà joué à des jeux comme Fallout, et Fallout 2, vous vous sentirez immédiatement familier avec Shadowrun.

Il réussit à capter l'ambiance Shadowrun à travers ses descriptions de localisation écrites avec brio, et le dialogue des personnages.

Cela dit, la campagne du jeu est constituée d'un seul scénario linéaire, ce qui lui donne une sensation légèrement recroquevillée, qui contredit la vaste étendue de l'univers. Le système de sauvegarde par point de contrôle, qui augmente progressivement la tension, peut conduire à quelques redémarrages de mission frustrants et fastidieux.

Mais le jeu comprend un ensemble robuste d'outils qui permet aux joueurs de créer leurs propres scénarios, et il ne faudra pas attendre bien longtemps avant que le contenu généré par les utilisateurs commence à apparaître. De plus, le studio Harebrained Schemes travaille actuellement sur une deuxième campagne située dans Berlin, qui sera proposée en contenu téléchargeable par la suite.

Les «fans» de la première heure seront peut-être déçus que Shadowrun Returns n'ait obtenu un budget plus important permettant la minutie des détails nécessaire à l'immersion complète dans ce monde intriguant où la magie rencontre la technologie. Mais il est amusant, et amoureusement fidèle à ses racines, ce qui me convient parfaitement.

Shadowrun Returns
PC, Mac
Harebrained Schemes
Note: 3.5 sur 5

Vies supplémentaires

BioShock Infinite: Clash in the Clouds
(Xbox 360, PS3, PC)
La première portion du contenu téléchargeable pour le BioShock Infinite acclamé par la critique est maintenant disponible. Mais avant de trop vous emporter, sachez que Clash in the Clouds est axé sur le combat, offrant aux joueurs quatre arènes, et une foule d'opposants.

C'est bien, mais nous sommes plus dans l'attente du chapitre Burial at Sea à travers lequel Booker DeWitt et Elizabeth visiteront Rapture, le monde sous-marin dystopique du BioShock original.

Pikmin 3
(Wii U)
Le dernier né du dieu du jeu vidéo Shigeru Miyamoto vient d'arriver.

Contrairement à Mario, Zelda, et Donkey Kong, Pikmin n'a jamais été une puissante franchise de Nintendo, mais le mélange unique et charmant de l'action et de la stratégie vaut le détour, même si vous n'avez jamais joué aux deux premiers épisodes de la série.

De toute façon, est-ce que Miyamoto peut se tromper? (Wii Music ne compte pas, nous n'en parlerons plus jamais).

Dragon's Crown
(PS3, Vita)
Ce jeu d'action RPG ne révolutionne pas le genre - vous devez choisir parmi six classes de personnages, faire équipe avec trois autres amis si vous vous sentez l'âme sociale, tuer des monstres, et chercher le butin -, mais il a la caractéristique unique d'être totalement transférable entre la PS3 et la PS Vita, ce qui permet aux joueurs de sauvegarder le jeu sur un système, et reprendre l'action sur l'autre à volonté.

Nous en voulons plus des comme ça!


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