Film «Assassin's Creed»: début d'un temps nouveau?

Succès

 Photo Ubisoft


Steve Tilley

S’il y a une chose que tous les jeux vidéo ont en commun, de Super Mario Bros à Street Fighter, en passant par Call of Duty, c’est que dans tous les cas les joueurs doivent apprendre de leurs erreurs s’ils veulent l’emporter.

Si votre Mario a péri empalé par des pieux sortis de nulle part, la prochaine fois essayez de mieux synchroniser votre saut. Si Ryu réussit à vous donner toute une correction, pratiquez vos meilleurs coups pour la prochaine fois. Si, chaque fois que vous jouez à Black Ops II on vous explose la tête toujours au même moment, tentez de piéger vos ennemis par le flanc plutôt que tête première.

C'est simple, le plus vous jouez, le meilleur vous êtes... Sauf, peut-être, si vous venez d'Hollywood.

Lorsque vient le temps de tourner des films inspirés de jeux vidéo, les grands studios californiens en arrachent... Même s'ils tentent depuis une décennie de nous proposer des chefs-d'œuvre, on doit plutôt se contenter de navets.

Même s'il y a eu au fil des ans quelques rares exceptions, on peut classer la majorité de ces films dans deux catégories: les médiocres ou, tout simplement, les exécrables.

Mais ça pourrait être sur le point de changer. Au cours des prochaines années, une nouvelle vague de films inspirés de jeux vidéo est attendue dans les cinémas.
Certains seront produits par les compagnies qui détiennent les droits des jeux. Elles souhaitent rentabiliser leur produit en embauchant les meilleurs acteurs pour offrir aux cinéphiles des films de qualité.

Dans d'autres cas, des jeux seront adaptés pour le grand écran afin de proposer aux amateurs le nom d'une franchise qu'ils connaissent déjà. L'idée est d'empocher quelques dollars rapidement. Vous croyez que l'on avait exagéré en tournant un film inspiré du jeu de société Battleship? Attention, vous n'avez pas tout vu!

C'est certain que les personnages de bande dessinée peuvent être les héros de grands films comme ce fut le cas avec Iron Man, Le chevalier noir ou encore Les Avengers: le film. Par contre, lorsqu'il s'agit de l'adaptation de jeux, on sent une sorte de vide créatif.

Rappelons-nous de Doom (un film que The Rock préférera sûrement oublier) ou encore de Street Fighter: The Legend of Chun-Li (ça n'a sûrement pas été facile de tourner avec Kristin Kreuk). Aussi les longs métrages de l'Allemand Uwe Boll (House of the Dead, Bloodrayne et Aux portes de la noirceur pour ne nommer que quelques navets).

Même les films qui ont remporté un succès moyen comme la série Lara Croft avec Angelina Jolie, Prince of Persia: Les sables du temps avec Jake Gyllenhaal ou encore la franchise Resident Evil avec Milla Jovovich sont toujours les grands oubliés le soir de la cérémonie des Oscars. Pourquoi?

«Chaque médium a ses forces et ses faiblesses», a dit Julien Cuny, chef de création chez le géant Ubisoft à qui l'on doit la très populaire franchise Assassin's Creed.

Après avoir fait l'objet d'adaptations dans des romans, des bandes dessinées et même des courts métrages, cette franchise passera au grand écran en 2015 avec Michael Fassbender (X-Men), qui incarnera le mystérieux justicier combattant un sombre complot s'échelonnant sur plusieurs millénaires.

Afin que ne soit pas profané son œuvre, Ubisoft conservera le plein contrôle créatif de ce film, une première pour un studio spécialisé dans la réalisation de jeux vidéo. Cela a laissé un goût amer dans la bouche des directeurs des grands studios hollywoodiens, qui se demandent quel petit génie pourrait arriver à les surpasser? Peut-être réaliseront-ils un jour qu'il fallait que l'histoire et les personnages soient à l'avant...

«La première question qu'il fallait se poser, c'est de savoir quelle histoire convient le mieux au médium. Autrement, vous allez vous retrouver avec un scénario que ne passe pas du tout au grand écran, comme cela s'est produit trop souvent», a dit M. Cuny.

Si «Assassin's Creed» réussit son passage de la console de jeu au grand écran, parions que cela pourrait ouvrir le chemin à une nouvelle génération de films inspirés de jeux de qualité. Et l'avenir semble prometteur avec le géant Ubisoft, qui a également l'intention d'adapter le jeu «Splinter Cell» pour le cinéma avec Tom Hardy (Origine, L'ascension du chevalier noir). Et Duncan Jones, le réalisateur derrière le très attendu Moon, a l'intention de porter World of Warcraft au grand écran.

Quant au réalisateur Guillermo del Toro (Rives du Pacifique), un geek connu et reconnu pour qui le genre n'a plus de secret, il se prépare à tourner des films inspirés de Half-Life et Portal, deux franchises du géant Valve Software. Il compte aussi piloter le passage de Rives du Pacifique du grand écran à la console de jeu.

«Les studios d'Hollywood font tous la même erreur. Ils considèrent les films comme étant un sous-produit du jeu. On prévoit mettre au moins trois ans à transformer «Rives du Pacifique» en un jeu vidéo digne de ce nom», a indiqué del Toro lors d'une rencontre qui se déroulait en marge du lancement de ce film d'aventure et à sensations fortes.

Est-ce que le lancement cet automne de nouvelles consoles donnera un coup de barre à l'industrie du jeu, dont les revenus sont en chute même s'ils représentent toujours des sommes de 14,8 milliards$ chaque année aux États-Unis seulement, c'est à voir.

Avec toutes ces sommes qui sont impliquées, les studios d'Hollywood ont mis en chantier une foule de productions inspirées de jeux classiques. Parmi les titres, certains avaient la cote dans les arcades comme Space Invaders et Asteroids. Il y a aussi les surexposés Angry Birds ou encore Gran Turismo, un jeu de courses pour PlayStation qui, selon Sony, pourrait chauffer Fast and Furious même s'il est complètement dénué de contenu ou de personnages.

Les films inspirés de jeu vidéo qui ont le mieux marché aux guichets:

1. Lara Croft: Tomb Raider (2001) - 131,2 millions $
2. Prince of Persia: The Sands of Time [Prince of Persia: Les sables du temps] - 90,8 millions $
3. Mortal Kombat (1995) - 70,4 millions $
4. Lara Croft Tomb Raider: The Cradle of Life (2003) - 65,6 millions $
5. Resident Evil: Afterlife (2010) [Resident Evil: L'au-delà] - 60,1 millions $

Les pires selon le site rottentomatoes.com:

1. Double Dragon (1994) - 0 %
2. Alone in the Dark (2005) [Alone in the Dark: Aux portes de la noirceur] - 1 %
3. House of the Dead (2003) - 4 %
4. BloodRayne (2006) - 4 %
5. In the Name of the King: A Dungeon Siege Tale (2008) [Au nom du roi: Dungeon Siege] - 4 %

(On doit au réalisateur allemand Uwe Boll les films classés numéro 2, 3, 4 et 5)


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