«Curiosity»: un jeu où l'on se pile sur les pieds

Pour

 Photo 22Cans


Steve Tilley

En ce moment même, je pourrai être en pleine Révolution américaine en train d’assassiner des «Red Coats», tirer sur des extraterrestres à coups de pistolets plasma, ou bien encore défendre Los Angeles d’une attaque de drones terroristes dans un futur proche.

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Au lieu de cela, j'utilise mes doigts pour casser de minuscules blocs disposés sur un cube virtuel géant flottant au milieu de mon écran d’iPad. Et je ne sais pas vraiment pourquoi je fais ça.

«Curiosity», à ne pas confondre avec le robot martien du même nom, est un nouveau jeu conçu par le Britannique Peter Molyneux, l’homme passionné, et un peu dingue, qui est à l’origine des séries «Fable», «Populous», et «Black & White».

Application gratuite disponible pour les appareils Apple et Android, «Curiosity» propose à ses joueurs un face à face avec un cube qui flotte dans une salle blanche.

Les six faces du cube sont couvertes par des dizaines de millions de microcubes, que les joueurs détruisent en zoomant, et en en effleurant la surface.

Si les joueurs travaillent collectivement, une couche entière de cette strate sera éliminée, une nouvelle sera révélée, et ainsi de suite.

Dans quelques semaines, ou mois, une fois que cette main d’oeuvre mondiale sera venue à bout de ces 64 milliards de microcubes, le joueur qui frappera la dernière pièce recevra un lien vers une vidéo qui lui dévoilera ce qui se cache à l’intérieur du cube géant. Libre ensuite au «vainqueur» d’en dévoiler le contenu.

Voilà, c’est tout. Un peu partout dans le monde, des dizaines de milliers de personnes tapent sur ce cube virtuel pour... oui au fait? Pour quoi? Car ils veulent savoir ce qu'il y a dedans? Parce qu'ils sont amusés par la dernière aventure excentrique de Molyneux? Parce qu'il est étrangement apaisant de rester là à casser des blocs, sachant que vous êtes unis avec beaucoup d'autres personnes dans une quête commune et totalement inutile?

«Curiosity» utilise des mécanismes similaires à d’autres jeux, comme les pièces qui peuvent être gagnées pour acheter des outils qui serviront à détruire les blocs.

Mais ce qui me fascine vraiment c'est la façon dont les gens utilisent le jeu pour s'exprimer en sculptant des messages, ou des modèles sur la surface du cube, comme une sorte de graffiti pixélisé.

Un pénis avait déjà été ébréché quelques heures après le lancement du jeu, avec les initiales «P.M» apposées dessus, certainement un clin d’oeil à Molyneux. Quelques heures plus tard, l’oeuvre avait disparu.

Dès le deuxième jour, la première couche du cube était déblayée, révélant une matière verte gélatineuse sur sa surface.

Au moment où j'écris ces lignes, les joueurs sont déjà en train de s’attaquer à une nouvelle couche, révélant un modèle rouge foncé.

Le fort intérêt pour «Curiosity» semble avoir pris Molyneux, et son studio 22 Cans, par surprise.

L’application éprouve des difficultés à synchroniser ses milliers de joueurs, vous vous retrouverez donc souvent à taper au même endroit que quelqu'un d'autre, et vous ne vous en rendrez compte qu’à la mise à jour de la surface du cube quelques secondes, ou minutes plus tard.

Néanmoins, c'est une expérience étrange et fascinante, même si je ne suis pas vraiment curieux de savoir ce qui se trouve à l'intérieur du cube.

Étant donné la réputation de Molyneux, il serait insensé de trop en espérer, mais je suis vraiment curieux de voir comment tout cela va se terminer, et comment «Curiosity» pourrait changer notre façon de jouer (et de travailler) ensemble.


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