TORONTO - Voici une remarque que je n'aurai jamais pensé faire en jouant à un jeu vidéo: «Oh non, ce foutu ours est en train de déchiqueté mes chatons en lambeaux!»
Et de me surprendre à dire: «peut-être que je peux l'attirer dans ce troupeau de cerfs qui broute sur le toit du dépanneur? Mais si le crocodile cesse de manger ce chimpanzé, il va se mettre à me poursuivre, et je serai alors condamné».
Mais Tokyo Jungle, désormais disponible sur le PlayStation Store pour 15 $, ne ressemble à aucun jeu auquel vous avez joué, vu ou même rêvé (excepté cette nuit où vous vous êtes dit que ce serait une bonne idée de manger un camembert entier avant d'aller vous coucher).
Imaginé par les esprits créatifs des studios japonais de Sony, Tokyo Jungle propose un futur où l'humanité a mystérieusement disparu du monde. Tandis que les villes tombent en ruines, les animaux de compagnie affamés désertent leurs foyers, les animaux du zoo s'évadent de leurs cages, et la ville de Tokyo est envahie par la faune et la flore.

C'est dément, hilarant et très japonais; ce qui est positif et négatif à la fois.
Les joueurs incarnent plusieurs créatures - au début du jeu, seuls les Poméraniens et les cerfs sans défense sont disponibles - et tentent de survivre assez longtemps pour engendrer une progéniture plus robuste qui pourra continuer à explorer les ruines grandissantes de Tokyo.
C'est une prémisse fascinante, et les combats sont désopilants à contempler. Voir un beagle bondir sur un porc et lui arracher la gorge est assez sordide en soi, mais les joueurs vont engager une guerre avec une véritable armée de Discovery Channel.
Panthères contre ours, éléphants contre hippopotames, troupeau de poussins contre... bon, soyons réalistes, les poussins n'iront pas bien loin...

Cette ménagerie de folie est ralentie par la rigidité impitoyable des structures de Tokyo Jungle. Dans le mode «Survie», la créature de votre choix évolue dans des quartiers linéaires et interconnectés de la ville de Tokyo, chassant ses proies, marquant son territoire, et achevant des défis qui s'ouvrent dans un ordre bien spécifique.
C'est ce cadre qui limite l'attrait de Tokyo Jungle. Regarder des animaux se battre, fuir et procréer est très amusant, mais, en revanche, il n'est pas agréable du tout de voir vos propres chiots mourir de faim alors que vous faites marche arrière dans les rues immensément vides de Tokyo pour relever un nouveau défi.
Ce jeu me rappelle un peu Dead Rising, en dessous de l'originalité se cache le côté «vieille école» qui exige beaucoup de patience et de répétitions.
Dans le mode «Histoire», les nouveaux chapitres se débloquent très lentement, ce qui est désolant - on nous explique ce qui est arrivé à l'humanité et comment certains animaux ont réussi à prospérer à l'état sauvage. De plus, Tokyo Jungle est assez laid, avec des visuels qui appartiennent plus aux jeux PS2 de la dernière décennie.

Cependant, à une époque où chaque jeu est basé sur le tir militaire, nous pouvons saluer Sony d'avoir créé quelque chose d'unique et aussi bizarre, même si ça peut être très frustrant. Apparemment, l'évolution est un processus douloureux et chaotique.
En résumé: un concept fantastiquement original, mais limité par sa rigidité, sa structure en défis et ses images maladroites.