André Boily
Agence QMI

Froid et énergies vertes de l'Islande attirent le minage de cryptomonnaies

Froid et énergies vertes de l'Islande attirent le minage de cryptomonnaies

La centrale géothermique de Nesjavellir, en Islande, dont 69% de l'énergie est géothermique

André Boily

Le gouvernement islandais voit non seulement les entreprises de minage de cryptomonnaies, mais aussi les centres informatiques spécialisés dans l'apprentissage profond en intelligence artificielle et les systèmes de traduction automatique comme moteur de développement.

À mi-chemin entre le Groenland et les pays scandinaves dans l'Atlantique Nord, l'Islande mise sur son climat froid et ses abondantes énergies vertes pour attirer les entreprises de minage de cryptomonnaies. Ces dernières recherchent en effet des climats nordiques pour refroidir à bas coût ses ordinateurs serveur et des sources énergétiques propres et fiables pour les alimenter.

Autres facteurs, le gouvernement islandais voit d'un bon oeil ces entreprises qui créent peu d'emplois pour la simple raison que l'économie de l'île de seulement 348 000 habitants tourne à plein régime et que le taux de chômage est passé de 4,8% en 2014 à seulement 1,7% l'an dernier.

Ces entreprises représentent également de nouveaux incubateurs technologiques qui vont aider l'île à diversifier son économie actuellement concentrée sur le tourisme, les pêcheries et l'aluminium. C'est pourquoi les centres informatiques de minage de cryptomonnaies, d'apprentissage en intelligence artificielle (IA), d'applications en conduite autonome ou encore ceux des systèmes de traduction automatisée sont invités à venir s'installer sur l'île.

Et même si les cryptomonnaies venaient à disparaître du paysage technologique, ces centres informatiques seront utilisés comme des incubateurs de technologies et serviront à d'autres fins par des entreprises du milieu informatique - comme celles des systèmes infonuagiques à l'image des Amazon, Google, Apple, Microsoft pour ne citer que les principales.

Le Québec, terre promise des cryptomonnaies?

Le gouvernement islandais estime que l'industrie du minage des cryptomonnaies consommera l'équivalent de 100 mégawatts d'ici la fin de l'année, selon l'article paru dernièrement sur l'agence Bloomberg.

Notre province est encore plus choyée que l'Islande en raison de son climat nordique, de sa proximité au grand marché nord-américain et de son immense potentiel hydro-électrique. D'après le site Huffingtonpost Québec, les projets de minage virtuel «totaliseraient quelque 15 000 mégawatts, soit 40% du total de la capacité de la société d'État». «Jusqu'ici, les entreprises qui se sont établies au Québec utilisent 120 MW et Québec prévoit accorder un bloc additionnel de 500 MW pour les nouveaux joueurs.»

La quatrième révolution

Pour limiter la forte demande, le tarif de 15¢ le kilowattheure a été décrété par la Régie de l'énergie pour les consommateurs «d'électricité pour un usage cryptographique appliqué aux chaînes de bloc» pour les nouveaux branchements, peut-on lire dans le Huffington Québec.

Pour les gestionnaires d'énergie comme pour le gouvernement islandais, «La quatrième révolution a démarré. Il serait terrible pour nous en Islande de ne pas suivre ce développement. Si nous ne devions pas prendre part à ce prochain développement dans le futur, nous glisserons en arrière», précise le directeur en chef de la centrale de production d'énergie HS Orka, sur Bloomberg.



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