Rob Lever
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Jusqu'où ira le sacrifice de sa vie privée?

Jusqu'où ira le sacrifice de sa vie privée?

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Rob Lever

WASHINGTON - Seriez-vous prêts à autoriser votre compagnie d'assurance à surveiller à distance votre conduite routière pour obtenir un rabais sur vos primes? Cette question ne tient plus de la science-fiction ménagère, mais bien de nouveaux dilemmes auxquels sont confrontés les foyers américains à l'ère du numérique.

Aujourd'hui, gouvernements, entreprises et autres organisations tentent le plus possible de scruter les habitudes d'achat et les activités quotidiennes de la population afin de récolter le plus de données sur la vie privée de chacun.

Mais jusqu'où aller? Quel degré de sacrifice sur leur vie privée les Américains sont-ils prêts à accepter pour obtenir des rabais sur ce qu'ils consomment ou des services plus adaptés à leur besoin?

Si la question semble claire, la réponse l'est moins, conclut une étude du Pew Research Center, un institut de recherche et de sondages américain, publiée jeudi.

Des exemples? Une courte majorité (52 %) des Américains sondés affirment qu'ils autoriseraient le stockage de leurs données médicales dans un serveur sécurisé si cela pouvait permettre à leur médecin de mieux suivre l'évolution de leur état de santé.

Mais a contrario, seulement le quart (27 %) des sondés jugent acceptable qu'un «thermostat intelligent» suive les mouvements des occupants de leur maison pour potentiellement réduire leur consommation d'électricité.

Quant à la tendance de l'industrie à enregistrer les achats des clients pour ensuite leur offrir des rabais sur ces dits produits, 47 % des personnes sondées y donnent leur feu vert tandis que 32 % s'y opposent, le reste ne sachant pas, chiffre cette étude réalisée auprès de 461 adultes et bonifiée de neuf panels.

«Plusieurs responsables politiques et entreprises sont anxieux de savoir où les Américains tracent la ligne lorsqu'il est question de leur vie privée. Bref, quand résisteront-ils à des intrusions dans leur vie privée et quand sont-ils à l'aise pour partager des renseignements personnels», résume Lee Rainie, chercheur à cet institut qui a pignon sur rue à Washington.

Entre «ça dépend» et c'est «glauque»

«Les décisions des gens sont souvent fondées sur un contexte spécifique. Une phrase qui résume leur attitude est ça dépend. Lorsqu'il est question de leur vie privée, la majorité des gens ont tendance à considérer leurs options au cas par cas, plutôt que d'appliquer une règle stricte», poursuit M. Rainie.

Une majorité des personnes interrogées jugent par exemple acceptable qu'un employeur installe des caméras de surveillance sur leur lieu de travail pour traquer une série de vols par des employés.

Mais lorsqu'il est question du partage de données à des fins mercantiles sur les médias sociaux, les Américains semble beaucoup moins ouverts, souligne l'étude que les dirigeants de Facebook liront peut-être attentivement.

Interrogés à propos d'un éventuel réseau social, sans le nommer, permettant aux usagers d'entrer en contact avec de vieux amis mais en échange de quoi leurs données personnelles seront utilisées par des entreprises pour mieux cibler leur publicité, seulement un tiers des personnes jugent la méthode acceptable.

En outre, plusieurs craignent que leurs données personnelles soient vulnérables, malgré les engagements à les garder confidentielles, note le rapport. «Les sites sécurisés défrayent souvent la chronique lorsqu'ils sont piratés», abonde en ce sens l'une des personnes sondées.

«Parfois, je consulte un site et puis ce que j'ai consulté ré-apparaît pendant des semaines sur tous les autres sites que je consulte. Au début, je trouve ça intrigant, mais après je trouve ça glauque», relate un autre répondant à cette étude.

Les outils de géolocalisation des téléphones intelligents sont aussi un sujet particulièrement sensible à en croire les commentaires recueillis par les chercheurs. «Sur mon téléphone intelligent, je ferme continuellement les applications de géolocalisation parce que je ne veux pas voir des publicités apparaître à l'écran», tranche une personne sondée.

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