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Le Canada espionne des millions de téléchargements

Le Canada espionne des millions de téléchargements

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Une agence canadienne surveille des millions de téléchargements faits par des internautes à travers le monde dans le but d'identifier des extrémistes, selon des documents secrets obtenus par le magazine en ligne The Intercept.

Tout comme son équivalent américain la National Security Agency (NSA), le Centre de la sécurité des télécommunications (CST) canadien a son propre programme de surveillance informatique d'envergure mondiale, révèlent les documents fournis par l'ex-consultant en sécurité Edward Snowden.

Le programme du CST nommé Levitation recueille, analyse et stocke les données sur les téléchargements des internautes naviguant sur plusieurs sites populaires de partage de fichiers - tels que RapidShare ou le défunt Megaupload - et ce, dans plusieurs pays européens, asiatiques, africains et nord-américains.

De 10 à 15 millions de téléchargements sont répertoriés quotidiennement, peut-on lire dans une présentation PowerPoint hautement confidentielle du CST, publiée par CBC. Une situation qui inquiète un groupe de défense de l'accessibi­lité d'internet.

«Ces révélations démontrent que le CST est engagé dans la surveillance à grande échelle et sans mandat de nos activités privées en ligne, malgré des affirmations répétées du gouvernement à l'effet contraire», croit David Christopher, porte-parole du groupe canadien pour la neutralité de l'internet OpenMedia.ca, cité par The Intercept.

L'agence de surveillance canadienne serait à la recherche d'internautes qui téléchargent ou téléversent du contenu qui pourrait être associé au terrorisme, tel que des guides pour la production de bombes artisanales ou des vidéos de preneurs d'otages.

Parmi les millions de téléchargements répertoriés par le CST à chaque mois, environ 350 «événements» intéressent les espions canadiens, soit moins de 0,0001 %.

La loi est claire. Elle interdit au CST d'espionner les citoyens canadiens. Deux adresses IP qui mènent à un serveur montréalais se trouvent toutefois dans une liste de téléchargements suspicieux qui apparaît dans la présentation obtenue par The Intercept.

Le programme viserait exclusivement des téléchargements à l'étranger selon une réponse du CST aux questions de CBC. L'agence précise avoir mis «un nombre de mesures en place pour protéger les données privées de Canadiens qui se retrouvent incidemment dans ces opérations de renseignement à l'étranger».

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