Lancement de Mega: site de partage sécurisé

Le

 Photo Michael Bradley / AFP


Michael Bradley

AUCKLAND, 20 jan 2013 - Le sulfureux Allemand Kim Dotcom a lancé dimanche un nouveau site de partage de fichier baptisé Mega, submergé dès les premières heures, un défi aux États-Unis qui veulent le juger pour avoir amassé une fortune grâce à Megaupload.com.

Kim Dotcom a annoncé l'ouverture du site mega.co.nz dimanche à 06H48 en Nouvelle Zélande, un an exactement après la perquisition par la police néo-zélandaise de sa vaste propriété à Auckland (nord).

Dimanche soir, le très «bling bling» Dotcom a organisé une grande fête dans cette même propriété en reconstituant le raid avec des acteurs déguisés en commandos et des hélicoptères - des vrais - sérigraphiés «FBI» décrivant des cercles au-dessus de ses invités.

Kim Schmitz, qui a changé son nom en Kim Dotcom, est actuellement en liberté sous caution en Nouvelle-Zélande, où il vivait au moment de son arrestation à la suite de ce raid.

Malgré des ratés techniques dus à l'afflux d'internautes, Kim Dotcom revendique un million de visiteurs au cours des 14 premières heures et plus de 500 000 utilisateurs inscrits.

«Mega va être énorme et rien ne pourra l'arrêter», a-t-il fanfaronné devant la presse après avoir défié la Maison Blanche sur le compte Twitter @BarackObama: «Il y a un an, le gouvernement américain détruisait Megaupload. Bienvenue sur Mega.co.nz».

Mega.co.nz se présente comme un service de stockage en ligne (en réseau virtuel en nuage) de type Dropbox ou Google Drive mais il propose 50 GB de stockage, une offre nettement supérieure à ses concurrents.

Kim Dotcom l'a annoncé hyper sécurisé et plus puissant que Megaupload, fermé il y a un an par les autorités américaines. Le site se veut «plus grand, meilleur, rapide, fort, sûr».

«Contrairement à la plupart de nos concurrents, nous utilisons une partie de l'art des technologies de cryptage basé sur navigateur où vous, et pas nous, contrôlez les clés», indique le site en français.

Les concepteurs comprennent «Kim Dotcom, Mathias Ortmann, Bram van der Kolk, et Finn Batato», précise-t-il.

Kim Dotcom, de nationalité allemande, est sous la menace d'une extradition aux Etats-Unis, qui veulent le juger pour violation de droits d'auteur. L'audience pour l'extradition a été été repoussée deux fois et est à présent fixée à août 2013.

Créé en 2005 et installé à Hong Kong, le site Megaupload, affirmait rassembler chaque jour 50 millions d'utilisateurs et représenter 4% du web.

Les États-Unis accusent les responsables du site d'avoir tiré 175 millions de dollars US d'activités criminelles et causé un préjudice de 500 millions de dollars US aux détenteurs des droits, en proposant des copies piratées de films de cinéma, de programmes télévisés et d'autres contenus.

À la tête de ce flot d'argent, l'imposant Kim Dotcom vivait dans le faste et son immense propriété «Dotcom mansion» (manoir Dotcom) près d'Auckland, où la police a saisi entre autres une Cadillac rose de 1959 et une Rolls Royce Phantom, ainsi que des oeuvres d'art.

Rien qu'en 2010, il aurait touché 42 millions de dollars grâce à ses activités sur internet, selon les autorités américaines qui ont saisi 50 millions de dollars d'actifs.

Kim Schmitz, emprisonné à Auckland après son arrestation le 20 janvier, a été libéré sous caution un mois plus tard. Aux États-Unis, il encourt une peine allant jusqu'à 20 ans de prison.

Il a visiblement voulu se protéger de nouvelles poursuites judiciaires en assurant que les données échangées entre utilisateurs du site mega.co.nz seraient cryptées et inaccessibles aux administrateurs.

L'un de ses avocats, Ira Rothken, s'est déclaré certain de la légalité du site qu'il a qualifié de «l'entreprise en démarrage la plus surveillée» de l'ère numérique.


Vidéos

Photos