Un vendredi noir «made in Québec»


Carl Renaud

MONTRÉAL - Les détaillants du Québec déploient de plus en plus d'efforts pour retenir les consommateurs attirés par le «Black Friday» américain. Certains acheteurs n'hésitent pas à traverser la frontière ou à magasiner en ligne, sur des sites américains, pour profiter des rabais offerts par les marchands, le lendemain de la «Thanksgiving».

Chaque année, le «Black Friday» marque le début de la période du magasinage des fêtes aux États-Unis. On estime qu'au moins 150 millions de consommateurs font des emplettes au cours de l'événement. Ils ont dépensé 52 milliards $ l'an dernier selon l'organisation National Retail Federation.

«Nos détaillants ont remarqué l'engouement que le "Black Friday" provoque aux États-Unis et ils veulent eux aussi marquer le début de la période des fêtes», a dit Marie-Claude Frigon, associée chez RSM Richter Chamberland.

La spécialiste en détail croit que le «Black Friday» canadien est plus populaire cette année parce que depuis juin dernier, les Canadiens peuvent rapporter plus de biens lorsqu'ils séjournent aux États-Unis.

«Le consommateur n'a plus de limite géographique, a ajouté Michaël Bliah, président de Le Site, une agence spécialisée en commerce en ligne. Il peut visiter les sites d'achat en ligne américain et se faire livrer ses achats à la maison.»

Selon M. Bliah, les détaillants du Québec et du Canada n'ont plus le choix d'emboîter le pas et d'offrir des rabais comme aux États-Unis. Plusieurs marchands ont donc pris l'habitude d'organiser leur propre «Black Friday».

Walmart Canada, Best Buy Canada, les bannières Centre Hi-Fi et Stereo Plus, et bien d'autres marchands organisent un événement Soldes du vendredi noir. Mike Sciscente, vice-président du détaillant Centre Hi-Fi, un des pionniers du Black Friday au Canada, est convaincu que ses vendeurs seront débordés vendredi.

«On a travaillé fort auprès de nos fournisseurs pour décrocher de bons prix. Certains produits seront vendus au prix coûtant», a dit le vice-président de la chaîne, soulignant que les clients achètent aussi des articles plus payants.

Au fil des ans, les ventes du «Black Friday», du «Boxing Day» et de décembre sont devenues tellement élevées qu'elles représentent maintenant une part importante des recettes annuelles des marchands. Près du quart dans le cas de Centre Hi-Fi.

La manne des ventes en ligne

La journée du vendredi noir («Black Friday») et le «Cyber Monday» qui suit l'événement sont les plus payants de l'année pour les détaillants qui offrent un service de ventes en ligne.

Aux États-Unis, les marchands enregistrent en moyenne 20 % de leurs ventes en ligne de l'année pendant ce long week-end, selon l'organisation National Retail Federation. Pour certains, la proportion oscille de 20 % à 40 % des recettes annuelles.

Au Canada, l'agence montréalaise Le Site évalue que les sites de ventes en ligne réalisent de 8 % à 19 % de leurs recettes annuelles au cours de ces événements. «Les ventes en lignes sont concentrées au cours de cette période en raison des délais de livraison, a expliqué Michaël Bliah, président de l'agence. On ne peut pas acheter en ligne un 24 décembre.»

La chaîne Future Shop organise cette année la troisième édition de son Cyber Monday. Le détaillant prévoit qu'il va doubler ses ventes par rapport à l'an dernier et qu'environ un million de consommateurs vont visiter son site pour profiter de rabais.

«Le solde du week-end noir s'étend du vendredi au dimanche en magasin et en ligne, a commenté Thierry Lopez, porte-parole de Future Shop. Mais le lundi, il y a des spéciaux différents, uniquement en ligne.»

Les détaillants déploient beaucoup d'efforts pour attirer les clients en ligne et maximiser leurs ventes. Ils envoient des courriels ciblés à des consommateurs en plus d'afficher des publicités sur les sites fréquentés par les internautes qui ont déjà visité leur site.


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