Le sport dope les nouvelles technologies médiatiques

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 Photo Adrian Dennis / AFP

Le sport, et pas seulement ses grands événements, est un formidable facteur de croissance pour les nouveaux médias et les technologies numériques grâce à des consommateurs prêts à dépenser de plus en plus, en argent et en temps, pour ne rien rater de l'information sportive.

Les chiffres dévoilés jeudi par l'institut Médiamétrie lors du salon Sport Numericus sont éloquents: 52% des internautes français suivent l'actualité sportive et 42% utilisent un second écran (ordinateur, téléphone intelligent ou tablette) lorsqu'ils regardent un événement sportif à la télé ou l'écoutent à la radio.

Loin de pénaliser la télévision, média traditionnel de la «consommation sportive» utilisée par 69% des fans de sport (contre 26% à la presse écrite), les nouveaux supports sont venus s'agréger à elle.

Une étude menée entre 2008 et 2012 par NBC sur l'audience des jeux Olympiques dont la chaîne américaine est le diffuseur historique aux États-Unis, conclut en effet qu'un téléspectateur équipé d'une seule télévision consomme 4h20 par jour, avec un PC en plus, la consommation grimpe à 5h18, à 6h50 si l'on ajoute un mobile et à 8h29 si une tablette vient compléter les trois premiers outils.

«Plus d'écrans, c'est plus de temps passé», traduit Jacques Braun, directeur exécutif de Médiamétrie, qui note que le second écran est souvent utilisé pour «commenter» l'événement en direct, avec ses proches par message texte, ou sur les réseaux sociaux.

Vers le Stade 2.0

Rien, pourtant, ne remplace le spectacle télévisuel.

Sur les vingt plus grosses audiences mesurées par Médiamétrie depuis son existence, 18 l'ont été lors de retransmissions sportives, la plupart du temps des matches (demi-finales ou finales) de Coupe du monde ou d'Euro de foot, mais également de rugby.

«Mais on est passé de l'ère de la télévision collective à celle de la télé individuelle avec des modes de consommation très personnalisés», reprend Jacques Braun.

Le numérique et les nouveaux médias vont également modifier la «consommation directe» de spectacles sportifs, dans les stades mêmes.

L'Euro-2016 de football organisé en France sera à ce titre celui du «stade 2.0» comme le note Cyril Chacar, en charge du développement commercial de Cisco, leader mondial des réseaux de connectivité.

«Nous essayons de faire en sorte que les gens puissent faire au stade ce qu'ils font en dehors. Il faut casser le paradoxe qui fait que les gens vont au stade pour l'émotion et restent à la maison pour l'information», dit-il.

À ce titre, le Stade de France, qui accueillait jeudi les rencontres sport Numericus, entend passer de 15 000 connexions simultanées possibles en 2013, à 100 000 en 2016, lorsqu'il accueillera vraisemblablement la finale de l'Euro.

Soit plus que le nombre de spectateurs capables d'entrer dans le Stade!


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