Pirater pour détecter la corruption

Hackers

Jacques Duchesneau lors de l'événement «Hackons la corruption» au Centre communautaire de loisirs Sainte-Catherine d'Alexandrie, le 10 novembre 2012. Photo Joël Lemay / Agence QMI

MONTRÉAL - Une centaine de citoyens utilisaient leur clavier d'ordinateur ce week-end à Montréal dans le cadre d’un événement intitulé «Hackons la corruption», pour s'assurer que les fonds publics sont bien utilisés.

Des informaticiens, des bibliothécaires et de simples citoyens tentaient de trouver des moyens de colliger de nombreux documents fournis par les organisateurs.

«On a mis à la disposition (des participants) plusieurs bases de données telles que l'octroi des contrats, les dons aux partis politiques et les jugements de fraude. Les participants doivent créer des outils pour croiser ces bases de données pour lutter contre la corruption», a expliqué Jonathan Brun, cofondateur de Québec ouvert.

Par exemple, une des équipes a tenté de trouver des informations pertinentes en fouillant les procès-verbaux de la Ville de Laval.

«On va faire du «text-mining» (exploration de textes) sur les procès-verbaux pour essayer d'extraire les noms des entreprises et faire une analyse en fréquence. On veut voir si 80 % des contrats sont attribués à un petit nombre d'entrepreneurs. Et faire le même exercice pour les montants», a expliqué un participant.

«On travaille avec le gouvernement pour ouvrir plus d'information et rendre le plus d'information disponible. C'est un projet qu'on prépare depuis plus de deux ans. C'est par hasard qu'il y a tant de nouvelles de corruption en même temps!», a dit Jonathan Brun, qui espère inspirer une nouvelle génération de citoyens à lutter contre la corruption.

Jean Fournier, président du comité exécutif de la Ville de Montréal entre 1998 et 2009 et conférencier lors de cet événement, a affirmé que cet exercice démocratique est important.

Les «hackers» peuvent même aider les municipalités à comprendre leurs propres données. «C'est très professionnel, ce n'est pas amateur. C'est un très important levier pour les municipalités. Ça coûte des dizaines de milliers de dollars pour arriver à des résultats comme ça.»


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