MONTRÉAL – Twitter n'hésitera pas à écraser les orteils des éditeurs de logiciels pour imposer et faire respecter ses principes.
C'est ce qu'a indiqué mercredi Biz Stone, cofondateur du célèbre réseau social et outil de microblogage, lors d'un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
L'entreprise, qui a engrangé 140 millions $ US de revenus publicitaires en 2011 (selon la firme EMarketer), compte 100 millions d'utilisateurs actifs. L'investissement de 300 millions $ effectué par le prince saoudien Alwaleed bin Talal, en décembre dernier, a porté sa valeur à 8 milliards $.
Biz Stone reconnaît que la croissance rapide de Twitter a créé un environnement attrayant pour les éditeurs de logiciels. Du coup, le lancement par Twitter d'applications officielles a fait des vagues.
Biz Stone voulait toutefois se doter de ses propres logiciels pour uniformiser l'utilisation du réseau social, ce qui lui échappait.
«Ce que nous avons mal fait [à l'origine], a-t-il raconté, a été de ne pas penser à nos clients. Il y avait beaucoup de logiciels différents sur le marché et bien des utilisateurs étaient confus sur ce qu'était Twitter. Nous avons fait marche arrière en lançant nos applications officielles sur iPhone, Android et BlackBerry.»
M. Stone a expliqué avoir agi selon le principe suivant: prendre les bonnes décisions pour ses utilisateurs. Cela s'inscrit dans les sept suppositions qu'il suggère d'adopter en affaires. Les autres portent par exemple sur l'idée qu'il existe une solution créative à chaque problème et sur l'importance de ne pas sous-estimer l'intelligence d'autrui.
Vivre avec les risques
Par ailleurs, l'adoption de Twitter par les grandes entreprises et les marques peut inquiéter bien des gestionnaires qui craignent une perte de contrôle, a indiqué Biz Stone.
À son avis, les échanges sur la place publique en valent la peine. «La vulnérabilité a une valeur. La communication vous rend vulnérable, mais elle démontre votre volonté de changer et de vous améliorer.»
La preuve, selon lui, c'est que ses collègues de travail n'étaient pas convaincus par le potentiel de Twitter dès le départ. «Vous ne pouvez pas obtenir un succès [de cette ampleur] à moins de prendre le risque d'un échec dramatique.»
Les nouveaux médias continuent de faire peur, mais à tort, a ajouté M. Stone. «Quand j'étais employé chez Google, on nous disait que la technologie peut produire n'importe quoi. […] Et ce sont les gens qui s'en servent pour amener le changement.»