Pour certains jeunes, l’adolescence est un véritable chemin de croix. Au cours des 12 derniers mois, les intervenants de Jeunesse J’écoute ont reçu
pas moins de 150 000 appels ou courriels de jeunes leur confiant être victimes de «cyberintimidation».
Depuis cinq ans, les intervenants constatent que la «cyberintimidation» prend de plus en plus d’ampleur. Si l’exclusion sociale entre étudiants n’est pas chose nouvelle, le cyberespace représente un milieu propice pour jeter efficacement le discrédit sur une personne ciblée et l’isoler d’un groupe, selon Alain Johnson, qui supervise le travail des intervenants chez Jeunesse J’écoute.
Des jeunes ont raconté aux intervenants s’être fait voler leur identité internet. D’autres ont constaté qu’on a ouvert à leur insu un faux compte en leur nom puis ont vu circuler des informations inventées à leur sujet allant de fausses rumeurs à des photos truquées.
Un aspect particulièrement insidieux du cyberespace, c’est que le jeune qui est victime d’intimidation par ce moyen ne se sent plus en sécurité à nulle part, fait remarquer M. Johnson.
«Les jeunes sont complètement démunis devant ça. Ils vivent même de la détresse», insiste-t-il, en ajoutant que cette forme d’intimation blesse profondément les jeunes même si elle ne fait pas appel à la violence physique.
Même virtuelle, cette manipulation engendre chez les adolescents des conséquences identiques aux autres pratiques d’exclusion sociale: décrochage scolaire, fugue, dépression.