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Enquête: accros aux jeux vidéo

«C'est moi ou tes jeux vidéo»

Isabelle Maher
07/10/5000 04h00 - Mise à jour 07/10/2006 07h04

Enquête: accros aux jeux vidéo - «C'est moi ou tes jeux vidéo»
 

Dans certains couples, les jeux vidéo prennent tellement de place que la relation en souffre. Petit jeu dangereux.

«Ma blonde m'a dit: C'est moi ou tes jeux vidéo!, raconte Éric Jacques. J'ai choisi de penser à moi. J'avais fait le tour de la relation, ça n'allait nulle part», résume-t-il.

EN VIDÉO:








Le journaliste Jean-François Codère explique le nouveau contexte des jeux vidéo et des gamers.

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    VOTRE OPINION:

    Faudrait-il créer un organisme pour venir en aide aux accros des jeux vidéo?

  • Fin de l'histoire... Game over.

    Un à zéro pour les jeux vidéo.

    Peut-on être accro aux jeux vidéo au point de mettre en péril une relation amoureuse? Des gamers, des blondes de gamers et des professionnels le confirment.

    «Moi, elle m'a flushé à cause de ça», confiait récemment un internaute sur le blogue du chroniqueur de jeux vidéo Jean-François Codère.

    Fuir la réalité

    Le psychologue Jean-Pierre Rochon reçoit régulièrement les confidences de parents ou de conjoints dépassés parce que leur enfant ou leur conjoint passe des nuits blanches à jouer.

    Puisque ces jeux sont légaux, on ne se méfie pas de la dépendance qu'ils peuvent créer, observe-t-il: «C'est socialement accepté et banalisé. Mais c'est un moyen de fuir la réalité, un refuge, une façon de faire du déni.»

    «Ça devient comme une drogue», tranche le sexologue Yvon Dallaire. Cette «drogue» frappe plus fort chez les hommes, même si plusieurs filles peuvent se considérer comme de véritables joueuses.

    «C'est dans la psychologie masculine d'aimer la compétition et ces jeux leur donnent la satisfaction de se dépasser», explique le spécialiste des couples.

    Jeter l'ordi par la fenêtre

    «Parfois, ma blonde veut passer l'ordi par la fenêtre, confie Éric Vaillancourt. Ma solution: j'attends qu'elle aille se coucher avant de jouer», raconte ce jeune père qui constate que les conjointes de ses amis joueurs sont souvent un frein au temps consacré aux jeux vidéo.

    «Ma blonde écoute bien ses téléromans, elle», se défend Éric Desnoyers, qui ne voit aucun problème à passer une trentaine d'heures par semaine sur sa console.

    Pour la sexologue Sylvie Lavallée, ces gamers sont des «adulescents», mi-homme, mi-adolescents. Selon elle, fuir dans les jeux vidéo est une stratégie d'évitement :

    «Préférer la satisfaction du jeu est pour certains moins compliqué que de se coller sur sa blonde.»

    ================

    Une vraie veuve de la console

    Lorsque Sophie a rencontré Vincent, celui-ci passait plus de 80 heures par semaine à jouer à des jeux vidéo... «L'enfer», résume-t-elle. Un bébé et quelques grincements de dents plus tard, sa famille a même cru bon intervenir.

    Excédée, la jeune femme de 21 ans a un jour carrément menacé son chum de s'en prendre à la machine à coups de bâton de baseball. Elle en avait assez de le voir passer autant de temps sur son PlayStation dans un appartement bordélique.

    «Pour moi, ces jeux-là n'ont aucune valeur. Dans un couple, c'est l'isolement, c'est pas une vie. J'ai voulu montrer à mon chum qu'il y avait autre chose. Mais j'ai dû lui dire: Ou tu changes, ou je te quitte», se souvient-elle.

    Vincent a saisi l'ultimatum. Depuis la naissance de leur premier enfant, il y a sept mois, les jeux vidéo prennent moins de place dans sa vie. À peine dix heures par semaine, jure le jeune père de 24 ans.

    «Ma blonde m'a mis au pied du mur. J'étais au chômage, je me levais à midi, j'embarquais sur l'ordi et je filais comme ça jusqu'à minuit. C'était pour moi une fuite, une façon d'oublier mes problèmes.»

    «Les filles n'aiment pas ça»

    Sophie avoue avoir eu peur que son chum soit dépendant des jeux vidéo. C'est pourtant le passe-temps de beaucoup de gars dans la vingtaine qu'elle a connus, ce qui, admet-elle, n'a rien de séduisant.

    «C'est pas mal turn-off de voir des jeunes de notre âge assis dans le salon à jouer à des jeux. Les filles n'aiment pas ça, mais on veut tellement être en couple qu'on passe par-dessus.»

    Les jeux vidéo ont même semé la bisbille entre le couple et la famille de Sophie. Ses parents ont émis des doutes sur les capacités parentales de Vincent.

    «Ils s'inquiétaient pour moi, pour la petite. Ils avaient peur que mon copain nous mette dans le trouble. C'est que mon père a lui-même beaucoup joué. Ma mère a dû intervenir», confie-t-elle.

    Vincent s'est finalement trouvé un travail et affirme avoir repris le contrôle sur son envie de jouer. Sophie aime le voir s'intéresser à leur vie de famille et il joue maintenant de la guitare.

    «S'il existait un organisme pour venir en aide à ceux qui ont du mal à arrêter de passer leur vie à jouer, j'irais donner un coup de main.»

    Un organisme qui se consacre exclusivement aux joueurs de jeux vidéo n'existe pas au Québec. L'idée est lancée.





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