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Chronique de Marie-Louise Arsenault

Le problème avec Twitter

Canoe.ca 
17/02/2012 08h29 

 
 
Chronique de Marie-Louise Arsenault - Le problème avec Twitter
 

Depuis l'arrivée intempestive de Twitter en 2006 et l'agrandissement massif de l'espace réservé aux médias sociaux dans les sociétés occidentales, il est de bon ton de dire que le journalisme, profession magnifiée par la révolution industrielle, est devenu, tout à coup, complètement dépassé.

Le printemps arabe? Une révolution fomentée sur Facebook et Twitter. Le soulèvement russe? Une affaire rendue possible par la force des connexions que permet le web 2.0. Les chaînes d'infos continues? Dépassées par Twitter, où l'on apprend des choses comme la mort d'une chanteuse dans son bain beaucoup plus rapidement.

Emporté par la nouveauté, par le modernisme supposé et sûrement aussi par l'élan enivrant du nombre incalculable des utilisateurs enthousiastes des réseaux sociaux, les commentateurs en tous genres se sont empressés de prononcer une sentence définitive: la mort annoncée des médias traditionnels.

Or, dans ce concert de désolation, peu de voix se sont élevées pour remettre en question l'efficacité réelle de ces nouveaux outils, leur limite ou leurs effets pervers. La peur d'être ringard probablement, qui mine la capacité critique de beaucoup d'observateurs, dans une culture où l'émotion prime souvent sur la raison, un monde où il faut «aimer», se «confesser», tout en multipliant au maximum nos amis». Une présence virtuelle fortement encouragée par le patronat médiatique, qui pousse ses journalistes à «twitter», avant de les congédier pour propos malheureux, comme CNN avec Roland Martin, dont les gazouillis » jugés homophobes lors du Super Bowl, vient de lui coûter son job d'analyste régulier sur la chaîne.

Paul Lewis, directeur des projets spéciaux au journal britannique The Guardian, fait partie du groupe de journalistes, qui a osé critiquer l'hégémonie culturelle des médias sociaux, au lieu de les nourrir sans fléchir, à coup de révélations parfois profondément insignifiantes.

Invité à commenter l'impact des médias sociaux sur la nature de son travail lors du Social Media Week, qui se tenait à Londres cette semaine, Lewis a remis en question leur véritable efficacité informative. Je crois que nous surestimons beaucoup l'impact des médias sociaux sur la transmission de l'information» a-t-il commencé, avant de citer les révélations majeures pour l'Angleterre, qu'ont été les affaires d'écoute téléphonique commises par les employés de l'empire Murdoch et celles des révélations de Wikileaks, où The Guardian a joué un rôle majeur. Ces affaires, qui concernent pourtant l'ère digitale, n'ont pas été révélées par les médias sociaux, mais bien par les médias traditionnels», a conclu Paul Lewis.

Et franchement, on ne peut que lui donner raison.


 
 




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