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Chronique de Marie-Louise Arsenault
L'intelligence |
Canoe.ca
10/02/2012 07h56
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Beaucoup de réactions cette semaine, à la suite de la volonté d'entrer en bourse de Facebook, qui coïncide, rappelons-le, avec des menaces de censure sur Internet, via des projets de loi controversés aux États-Unis.
D'un côté, certains commentateurs mettent en doute la bonne volonté derrière les ambitions financières de Mark Zuckerberg, comme Bernard Zekri, du webzine des Inrockuptibles, qui écrivait mardi dernier : «L'amitié ne se monnayait pas, du moins jusqu'à nos jours».
Mais voici que Facebook met en bourse ses 845 millions d'amis, l'équivalant du troisième pays au monde après la Chine et l'Inde. On estime le tout à cent milliards de dollars. Une minute sur sept que cette fraction d'humanité consacre au net, elle la passe sur Facebook, où se téléchargent 250 millions de photos par jour.
On y trouve vos goûts, vos indignations, vos engagements, une somme incroyable d'informations à faire rêver tous les commerciaux et les flics du monde. Rien de faux dans ces affirmations, les tentacules facebookiens étantmonstrueux»par leur taille et par l'incidence qu'ils exercent sur notre façon de communiquer est effectivement inquiétante, en plus de livrer à des organismes gouvernementaux en tous genres, un outil de surveillance dont il faut absolument se méfier.
Dans le magazine américain The Atlantic, Rebecca Mackinon se lance pour sa part dans une analyse Orwelienne du phénomène de la censure sur Internet, en rappelant que nous accordons beaucoup de pouvoir à des entités dont les enjeux financiers nous dépassent totalement.
«Le problème est que notre capacité de s'organiser et de communiquer est façonnée par des fournisseurs Internet, des services téléphoniques et des réseaux sociaux. Or, si nos outils de communications évoluent d'une façon qui nous est étrangère et que les relations entre ces entreprises et nos gouvernements manquent de transparence, notre capacité à comprendre comment ce pouvoir influence nos vies s'effritera d'une façon beaucoup plus subtile que celle imaginée par George Orwell», écritelle dans l'édition électronique du 9 février du magazine.
Vrai que les enjeux entourant la volonté de limiter la circulation libre d'informations sur le Net n'a pas grand-chose à voir avec les droits d'auteurs.
Vrai que Facebook est un monstre dont la taille et l'omniprésence sont plus que menaçantes. Mais ces visions apocalyptiques d'une certaine faction de penseurs, où l'être humain accepte d'être manipulé bêtement sans jamais réagir, excluent trop facilement sa capacité à survivre à tout.
À trop prendre l'être humain pour un con, en l'infantilisant, pas souci de préserver sa liberté et son intégrité, on oublie une chose fondamentale : il est plus résilient que toutes les entités qui tentent de le contrôler.
@mlarsenault
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