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La pureté de l'esprit |
Canoe.ca
27/01/2012 09h35
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«Les sages de l'Inde ancienne disent que bonheur et souffrance, enfer et paradis, sont essentiellement des créations de l'esprit.» Voici, tirée d'une lecture de vacances, (un livre de philosophie d'inspiration
bouddhiste datant des années soixante-dix), une phrase que je m'applique à méditer, quelque part sur une île tropicale.
Alors que j'observe mes semblables, occupés à pratiquer toutes sortes d'activités ditesde vacances»comme la voile, la plongée sous-marine ou la consommation d'alcool à partir de 10 heures le matin, je réalise que voir et être vu, deux créations de l'esprit», devenues composantes dominantes de l'attitude virtuelle, qui passent désormais par l'usage systématique des médias sociaux, même agglutinés sur une plage ensoleillée, même en maillot de bain, même en vacances, ces besoins relativement neufs dans l'histoire de l'humanité, voir et être vu, rythmant désormais les journées de beaucoup d'êtres humains.
Ainsi, le fameux repos de l'esprit, pour lequel on était prêts à payer très cher jadis et qui consistait à se couper des autres et du monde dans lequel on évolue normalement, n'a semble- t-il plus la même valeur, alors que la majorité des vacanciers déambulent maintenant armés d'un ordinateur portable ou d'une tablette électronique, branchés en permanence sur le reste de leur monde, la plupart d'entre eux affichant d'ailleurs un poids bien au-dessus des normes médicales, ce qui, en passant, ne peut pas être une coïncidence.
Sur la Toile
Hier matin, sur la terrasse de l'hôtel, une jeune fille d'environ 13 ans était totalement absorbée par l'écran de son ordinateur, où elle utilisait à la fois Facebook, Twitter et un site de conversation instantanée, passant d'une fenêtre à l'autre au gré de ses besoins, de ses envies ou de ses rencontres virtuelles, tapant sur les touches de son clavier à une vitesse vertigineuse, digne représentante de cette génération rompue aux médias sociaux, qui a appris à exister au travers des regards rassurants de cette ère virtuelle, en même temps(ou presque) qu'elle a maitrisé l'usage de la bicyclette. La jeune fille d'aujourd'hui (et ses parents avec elle), prostrés en permanence sur la toile, présence continue qui prend plaisir à donner de ses nouvelles et à entretenir un dialogue avec tout le monde et même, fournir des images, est devenue, c'est une évidence, une créature qui ne prend plus jamais de vacances.
Faites en sorte que votre esprit n'attende rien des plaisirs du monde», dit encore le livre d'inspiration bouddhiste. Pour cela, il faudrait un monde totalement privé d'internet, et cela, c'est devenu carrément impossible.
@mlarsenault
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