
Jean-Philippe Le Guellec n’avait pas besoin de l’actualité du jour, hier, pour apprécier les privilèges que lui confère son statut d’athlète olympique. Même en terminant 30e et dernier de l’épreuve de masse de 15 kilomètres en biathlon, tout devenait sujet de ravissement.
Quand il a finalement glissé ses derniers mètres de course, une quarantaine de secondes après le 29e concurrent et près de quatre minutes plus tard que le gagnant de l’épreuve, l’athlète de Val-Bélair a salué la foule de son bâton qu’il tenait de la main droite. C’est avec un sourire qu’il a quitté ce qui s’apparente comme une mauvaise journée au bureau.
«Je tenais à remercier les gens de m’avoir encouragé après chaque tir, de m’avoir exprimé leur amour inconditionnel. Je voulais aussi démontrer que, peu importe comment ça va, au Canada ou en Europe, il ne faut jamais s’offrir le luxe de lâcher une course. C’est le message que je voulais passer», a-t-il exprimé, sous un ciel sans nuage dans les hauteurs de Whistler.
Avec le grand Ole
Le résultat d’hier n’a pas effacé la première semaine de ses Jeux - exceptionnelle - durant laquelle il avait engrangé des sixième (sprint), 11e (poursuite) et 13e (épreuve individuelle) places. Après ces courses plus conventionnelles, celle d’hier était perçue comme un boni pour l’athlète québécois. Un honneur. Cette invitation spéciale avait été expédiée aux 30 plus méritants, soit en raison de leurs résultats en Coupe du monde durant la saison, soit parce qu’ils avaient gagné une médaille durant la semaine olympique ou leurs points accumulés.
L’espoir pour Le Guellec de continuer sur la même lancée depuis son arrivée à Whistler n’aura duré qu’une dizaine de minutes. Dix-neuvième après une première boucle de ski de trois kilomètres et une séquence de tir parfaite, ça s’est soudainement gâté. À son deuxième arrêt de tir, il a raté quatre cibles sur cinq, ce qui l’a obligé à se taper quatre boucles de pénalité de 150 mètres. Douce consolation, l’icône norvégienne Ole Einar Bjoerndalen en a manqué trois et a servi de lapin pour la balance de la course à un jeune Québécois qui n’a jamais perdu la faculté de s’émerveiller.
«Ce fut le fait saillant de ma course», a-t-il résumé, lui qui ratera trois autres cibles additionnelles à sa dernière session de tir.
«Écoute, quand tu as la chance de skier en compagnie du roi du biathlon, j’ai juste 24 ans et j’ai encore beaucoup à apprendre. Ce fut un privilège d’avoir pu skier derrière lui pour observer ses tactiques», a commenté Le Guellec, à qui il reste maintenant le relais 4 X 7,5 km de vendredi, à quoi il participera en compagnie entre autres de Marc-André Bédard.
Souvenirs mémorables
Le congé d’aujourd’hui sera le bienvenu. Un jeune homme de 24 ans marchera dans les rues de Whistler, le merci dans l’âme. «C’est vraiment beau ce que je vis avec les Jeux ici. La ferveur, la passion et le positivisme, on les ressent de la part des foules et quand on marche dans les rues. C’est la beauté et l’amour du sport. Pour le Canada, les Jeux vont avoir donné une bouffée de fraîcheur.»
Trentième et dernier d’une course? Puis après?
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