
Elle sera l'espoir de millions de Canadiens. Non, Joannie Rochette ne manquera pas d'encouragement à Vancouver où elle tentera de devenir la première patineuse canadienne à monter sur un podium olympique depuis Elizabeth Manley, l'argentée des Jeux de Calgary en 1988. Tout le monde aimerait voir l'athlète de 24 ans de l'Île-Dupas, 5e à Turin, six fois championne canadienne, vice-championne du monde, mettre un terme à sa carrière amateur avec un podium olympique. Mission pas impossible...
Q Occupée ces dernières semaines ?
R Oui, pas mal. Je m'entraîne fort en compagnie de mon bon ami Jeffrey Buttle. Je suis dans une période d'entraînement intensif et c'est bon d'avoir quelqu'un comme lui, qui a l'expérience des olympiques, dans mon entourage. J'ai beaucoup de plaisir (Buttle a remporté la seule médaille canadienne en patinage à Turin, le bronze).
Q Ce ne sont pas les bonnes patineuses qui vont manquer à Vancouver. La Coréenne Yu-Na Kim, les Japonaises Miki Ando, Akiko Suzuki... de qui viendra la plus grande opposition ?
R Je crois qu'il y a cinq ou six patineuses qui peuvent revendiquer l'accès au podium. J'ai déjà devancé chacune de mes plus grandes compétitrices, c'est quelque chose qui me donne confiance. Je pense que j'ai vraiment de bonnes chances.
Q La raison de ta confiance ?
R Chacune d'entre elles a ses forces et ses faiblesses. Mais je crois que j'ai tout ce qu'il faut. J'aime beaucoup mon programme, le meilleur que je n'ai jamais eu. Mais les Jeux olympiques n'ont lieu qu'une fois tous les quatre ans et le sort de chacune d'entre nous reposera sur notre performance le jour de la compétition.
Q On t'octroie effectivement des chances de médailles. Ressens-tu une pression supplémentaire, te sens-tu «obligée» de monter sur le podium ?
R Non. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour être sélectionnée sur l'équipe olympique et être à Vancouver et je ferai encore de mon mieux là-bas. Mais il y aura d'autres très bonnes patineuses canadiennes qui peuvent aussi gagner des médailles...
Q Que nous réserves-tu en terme de routines, de costumes ?
R Je patinerai le programme court sur le tango La Cumparsita (de Gerardo Hernan Matos). Un tango qui a du caractère et qui mettra en évidence ma féminité et la maturité de mon patinage. Vous me verrez dans un costume noir avec des petits éléments de rouge.
Q Et ton programme long ?
R J'ai choisi de patiner sur un air tiré du même opéra sur lequel Jeffrey a patiné en 2006. Samson et Dalila. Une musique connue, mais pas trop. Il n'y aura pas que des amateurs de patinage artistique dans les gradins. Il y aura aussi de purs sportifs. Je voulais quelque chose qui sonne familier à l'oreille des gens.
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