Guillaume Théroux
Agence QMI

Eugenie Bouchard, l'icône féminine par excellence

Eugenie Bouchard, l'icône féminine par excellence

Eugenie Bouchard.Photo Getty Images / AFP

Guillaume Théroux

Dans le sport au Québec, hormis une erreur de P.K. Subban ou les moindres faits et gestes de Carey Price, presque rien qui génère plus de réactions qu'une publication d'Eugenie Bouchard sur les réseaux sociaux.

En cette Journée internationale de la femme, il est peut-être le temps d'insister sur un point important à propos de l'une des plus grandes vedettes du circuit international de tennis professionnel féminin.

Bouchard, ce n'est pas juste Facebook, Twitter, Instagram, les vêtements flamboyants et la publicité.

«Eugenie doit seulement placer ses priorités à la bonne place, a commenté mardi Valérie Tétreault, ancienne joueuse de la WTA devenue responsable des communications pour Tennis Canada. Les gens se font une idée d'Eugenie sur les réseaux sociaux, mais il faut savoir qu'elle est très, très déterminée et s'entraîne extrêmement fort.»

Bien sûr, Bouchard peut faire mieux. Elle a commis des erreurs, pris de mauvaises décisions parfois, perdu sa concentration peut-être, mais les femmes et filles du Québec peuvent assurément se servir de son exemple de réussite, qualités et défauts inclus.

«Oui, on aurait souhaité qu'Eugenie soit encore un peu plus engagée dans son rôle d'ambassadrice, a commenté Tétreault. La WTA voulait se l'approprier dès le début de son ascension, parce que l'organisation était à la recherche d'un nouveau visage après les Serena Williams et Maria Sharapova.

«Mais il y a beaucoup de bon à apprendre d'Eugenie. Ça démontre aux filles qu'elles peuvent atteindre le top 5 mondial, tout en prenant conscience qu'il n'y a pas que du positif dans tout ce qu'elle a fait. Son cheminement nous a tous ouvert les yeux.»

Le rôle des commanditaires et des médias

Le rapport «Le sport féminin : nourrir toute une vie de participation», publié lundi par l'Association canadienne pour l'avancement des femmes, du sport et de l'activité physique (ACAFS), en collaboration avec les Producteurs laitiers du canada (PLDC), révèle qu'en date de 2014, sur l'ensemble des émissions sportives diffusées sur les chaînes nationales de télévision, seulement 4 % présentaient des matchs ou des compétitions de sport féminin.

Plus de la moitié de cette proportion couvrait les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi et le tennis professionnel féminin.

Pour Guylaine Demers, professeure titulaire à la faculté des sciences de l'éducation du département d'éducation physique de l'Université Laval, Bouchard n'est pas à l'origine de ce phénomène.

«Même avant le phénomène Eugenie, les deux sports qu'on voyait apparaître dans les statistiques, c'était le tennis et le golf, a-t-elle expliqué. On retrouvait aussi le patinage artistique et, évidemment, le volleyball de plage, vous savez, les bikinis.

«Ce sont des sports dans lesquels les filles ont l'air très féminines et sexy. C'est ça qui vend», a déploré la professeure, qui refuse cependant de blâmer des athlètes comme Bouchard, mais montre d'un doigt accusateur d'autres entités aux objectifs peu louables, selon elle.

«Le piège qu'il faut éviter, c'est d'accuser ces athlètes-là de jouer la carte sexy. Ce qui permet à ces athlètes féminines de vivre de leur sport, ce sont les commanditaires qui vont évidemment chercher les plus belles, celles qui concordent avec les critères de beauté de la société.»

Nourrir le monstre

Dans le cas particulier de Bouchard, Tétreault estime que la coqueluche du tennis international a au moins indirectement «nourri le monstre» pendant que sa cote de popularité montait en flèche.

La Québécoise de 22 ans a peut-être réalisé son erreur à la fin de la saison 2015, quand sa carrière a pris un tournant moins agréable après sa commotion cérébrale subie aux Internationaux des États-Unis.

«Elle a participé à tout ça, elle a aussi sa part de responsabilité, a convenu Tétreault. Avoir une vie de star internationale, c'est quand même quelque chose qu'elle voulait, à la base. Elle s'est jetée là-dedans sans se poser trop de questions.

«Tout est arrivé très soudainement. Était-elle prête pour gérer ça? Je ne suis pas certaine. Dans les moments difficiles vécus à la fin de l'an dernier, elle a réalisé que le tennis lui avait manqué et que la raison pour laquelle elle fait ça, ce sont les résultats. Si elle n'offre pas de bonnes performances, elle n'aura pas son statut de vedette pendant très longtemps.»

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