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Scandale des matchs truqués: les meilleurs réagissent

«J'aimerais entendre les noms. Comme ça, au moins, l'histoire deviendrait plus concrète et on pourrait en débattre.»

Inquiet pour l'intégrité de son sport, le Suisse Roger Federer a discuté du scandale des matchs truqués dévoilé dimanche par la chaîne BBC et le site internet BuzzFeed News.

Selon les informations rendues publiques, 16 joueurs du top 50 de l'ATP auraient été soupçonnés d'avoir laissé intentionnellement filer des matchs, dont certains disputés à Wimbledon. Ces athlètes, incluant d'anciens vainqueurs de tournois majeurs, ont été repérés par la Tennis Integrity Unit (TIU), mais n'auraient pas été sanctionnés.

Les noms des athlètes concernés n'ont pas été dévoilés. Huit joueurs identifiés par le TIU doivent être en action à Melbourne.

«Étaient-ce les joueurs? Était-ce l'équipe autour? Qui était-ce? Était-ce avant? Étaient-ce des joueurs de double, de simple? Quel Grand Chelem?», s'est interrogé le numéro 3 mondial après son match de premier tour aux Internationaux d'Australie.

Réactions en haut lieu

L'affaire a fait grand bruit à Melbourne lundi, où s'amorçait le premier tournoi du Grand Chelem de la saison. Le numéro 1 mondial, le Serbe Novak Djokovic, a révélé avoir été approché au début de sa carrière. Pas directement, mais par l'intermédiaire de membre de son équipe.

«Nous avons évidemment rejeté tout cela. Le type qui a essayé de me contacter n'a pas cherché à me joindre directement. Ce n'est pas allé plus loin», a-t-il raconté.

«Je me sentais terrible parce que je ne voulais pas être lié à quelque chose du genre», a ajouté Djokovic.

Montant de 200 000$

Les événements se sont produits en 2007, lorsque Djokovic en était à ses premiers pas sur le circuit. La somme de 200 000 $ lui avait été proposée pour qu'il perde de façon délibérée à Saint-Pétersbourg, en Russie. Il n'a finalement pas pris part au tournoi.

Federer, lui, a déclaré ne jamais avoir été approché.

Le président de l'ATP, Chris Kermode, a affirmé en conférence de presse que les informations dévoilées étaient «minutieusement examinées» par la TIU.

Kermode a nié que des preuves de matchs truqués «aient pu être effacées pour quelque raison que ce soit, ou qu'elles n'auraient pas été sous enquête».

Formée en 2008, la TIU a mené à la suspension à vie de six joueurs, a rappelé Kermode.

***

«Ça peut se faire, mais ce n'est pas facile»

Du côté de Tennis Canada, on a préféré ne pas commenter l'affaire, lundi. «Ce n'est pas à nous de le faire, surtout qu'il n'y a aucune preuve pour l'instant de ce qui est avancé», a répondu par courriel Valérie Tétreault, responsable des communications de l'organisation.

Joint à Melbourne par la station radiophonique 98,5 FM, l'entraîneur national en chef du tennis féminin chez Tennis Canada, Sylvain Bruneau, a toutefois reconnu que l'histoire avait eu l'effet d'une bombe sur le site du tournoi.

«Moi, je n'ai jamais été témoin, je n'ai jamais entendu une conversation ou une discussion concernant ça. [...] Est-ce que les gens mentionnent parfois que c'est une possibilité? Oui, mais rien de concret», a-t-il déclaré.

Interrogé à savoir s'il était facile de perdre délibérément un match, Bruneau n'a pas tranché.

«Oui et non. Je pense que ça peut se faire, mais ce n'est pas facile, surtout quand ton adversaire n'est pas au courant. Mais je dirais que c'est assez compliqué. Il faut arriver à faire des fautes dans certains points, et ça dépend si le match est serré ou non...», a expliqué l'entraîneur.

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