Capitaine de l'équipe canadienne de Coupe Davis, Martin Laurendeau n'a jamais profité de conditions aussi parfaites en vue d'un affrontement.
Une formation unifoliée en santé et de calibre mondial fera face à un adversaire de niveau inférieur en l'Afrique du Sud, ce week-end, dans le cadre d'une rencontre qui sera, par surcroît, disputée en sol montréalais, au Stade Uniprix.
«On est à Montréal, il fait beau, on s'attend à un bel accueil de la foule, a-t-il noté lors d'une conférence de presse, mardi. C'est un énorme avantage de jouer à domicile devant un public qui sera avec nous, et non contre nous.»
Avec dans ses rangs les Milos Raonic, Daniel Nestor, Vasek Pospisil et Frank Dancevic, le Canada fait figure de grand favori contre des Sud-Africains qui seront privés de leur meneur, Kevin Anderson, 35e joueur mondial.
Il faudra toutefois que la troupe évite de tomber dans le piège contre une équipe moins forte, dont la meilleure raquette, Izak Van der Merwe, pointe au 232e rang de l'ATP. Car l'enjeu est grand : avec une victoire, les Canadiens demeureraient dans le Groupe mondial pour une deuxième année de suite, du jamais vu dans l'histoire du pays.
«Pour nous, le but est de garder la motivation à l'entraînement, a noté Laurendeau. Il faudra aussi prendre un match à la fois ce week-end.
«En Coupe Davis, le classement importe peu. On joue avec notre cœur, pour notre pays. Ça peut faire rendre un joueur moyen exceptionnel, et vice-versa.»
Membre depuis 20 ans de cette équipe canadienne, le vétéran Nestor croit être entouré de la meilleure formation depuis qu'il a fait ses débuts dans cette compétition.
«Milos [Raonic] est déjà un joueur qui fait partie de l'élite mondiale et Vasek [Pospisil] est à la fois un excellent joueur de simple et de double, a noté le numéro 1 mondial en double.
«Nous avons beaucoup de profondeur. Ce sont des gars jeunes, mais qui ont de l'expérience.»
Le capitaine abonde dans le même sens.
«Nous avons un bon mélange de jeunes et de vétérans, croit-il. Nos deux jeunes ont déjà joué dans le Groupe mondial [contre la France en février, à Vancouver] à 21 ans seulement. On a l'avantage de miser sur la jeunesse qui a faim et sur des vétérans comme Daniel [Nestor], qui a toujours été dévoué.»
Victoire significative
Il y a un an, le Canada se battait pour entrer dans le Groupe mondial, duquel il n'avait plus été membre depuis huit ans. Cette fois, il donnera tout pour y demeurer. Un scénario très différent, explique Laurendeau.
«Psychologiquement, c'est différent. Si nous perdons, nous ne pourrons plus retourner parmi l'élite avant 2014.
«On ne veut pas seulement être membres du Groupe mondial, nous voulons maintenant être la première équipe canadienne à atteindre les quarts, les demi-finales, etc.», a-t-il ajouté.
Laurendeau n'a toujours pas fait ses choix en prévision des rencontres du week-end, lui qui attend de voir le travail de sa troupe à l'entraînement.
«Nous misons sur de très bons joueurs dans des conditions qu'on aime, a-t-il souligné. Mais au fond, la Coupe Davis, c'est en équipe que ça se gagne.»