Dave Lévesque
Agence QMI

«Ç'a assez duré» - Laurent Ciman

Dave Lévesque

MONTRÉAL - Laurent Ciman s'est entraîné avec ses coéquipiers cette semaine malgré les attentats survenus à Bruxelles, mardi. Le Belge y a vu une forme d'exutoire.

«Je n'ai même pas envie de parler de football à l'heure d'aujourd'hui», a-t-il avoué, visiblement encore sous le choc, mercredi midi.

«Ça ne sert à rien que je prenne congé ou pas, je suis professionnel et je dois venir m'entraîner comme tout le monde.»

«Ça ne change rien que je reste chez moi à me morfondre, au moins je me change les idées un peu.»

Triste

D'ordinaire très volubile, Ciman n'avait pas son aplomb habituel.

«J'ai du mal à m'exprimer là-dessus, c'est vous dire combien ça me touche.»

Il s'est dit attristé et a l'impression de revivre les événements de Paris, survenus en novembre dernier.

«Je suis triste avant tout. Quand ça s'est passé à Paris, tout le monde était touché et je pense qu'en Belgique, c'est pareil. Il n'y a pas de mots pour décrire ce désastre.»

Ça suffit

Il avoue quand même que la situation le touche encore plus.

«C'est la Belgique, donc du coup, ça touche un peu plus directement, mais je suis aussi touché que si c'était Paris.

«Si demain c'était ailleurs, on serait tous aussi touchés. Il faut se mobiliser, il faut essayer de trouver les coupables et essayer de les arrêter parce que je pense que ç'a assez duré.»

Ciman reconnaît que les Belges craignaient de telles attaques.

«À partir du moment où on a dit que les armes venaient de Molenbeek, on se disait que la prochaine cible serait la Belgique.»

Climat de peur

Ciman, qui a parlé à ses proches dans la foulée des attentats, soutient qu'il règne un climat de peur en Belgique.

«J'ai eu mes parents au téléphone, ils n'osent pas bouger de la maison et c'est pareil pour les amis. C'est vraiment chaotique.»

Il s'estime par ailleurs chanceux que sa famille n'ait pas été touchée.

«La marraine de ma sœur travaille à Bruxelles et si j'avais été sélectionné, j'aurais pu m'y retrouver. On peut dire que j'ai eu de la chance.»

Impacts sportifs

Sur le plan sportif, les attentats ont eu un impact, entraînant l'annulation d'un match amical entre la Belgique et le Portugal à Bruxelles, le 29 mars. Il a toutefois été déplacé à Leiria, au Portugal.

«Ils avaient annulé à la base et je trouvais ça bien, a commenté Ciman. Avec le match qui est déplacé, c'est tant mieux parce que les joueurs ne seront pas venus en sélection pour rien.

«Mais je pense qu'il n'y en a pas beaucoup qui ont envie de parler de foot. Tout le monde est triste.»

Quant à l'Euro, qui se déroulera en France cet été, le défenseur de l'Impact a peur que l'événement soit terni.

«J'espère que ça ne remet pas l'Euro en cause, mais c'est clair que ça sera fait dans la peur, à mon avis.

«Il y aura beaucoup de policiers et de dispositifs mis en place et ça ne sera pas aussi bien que ça aurait pu l'être.»

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