«Je savais que j'étais en forme» - Alex Harvey


Alain Bergeron

Dernière mise à jour: 21-02-2013 | 11h57

VAL DI FIEMME, Italie - Alex Harvey aurait été déçu de quitter les championnats mondiaux de ski de fond sans une seule visite sur le podium. Devant cette crainte, il a décidé de régler la question dès la première journée en remportant la médaille de bronze du sprint individuel en style classique, jeudi matin, à Val di Fiemme.

Le skieur de 24 ans a écrit un autre chapitre du ski de fond canadien en devenant le premier homme à obtenir une médaille individuelle à ces championnats. Après une fin de course enlevante dans laquelle il s'est permis de sauter dans les derniers mètres le Suédois Emil Joensson, l'un des as de cette spécialité, tout l'entourage de Harvey a accouru dans l'aire d'arrivée pour célébrer.

Après un tour d'honneur en compagnie du champion de la course, le Russe Nikita Kriukov, et le médaillé d'argent, le Norvégien Petter Northug, le Québécois s'est présenté devant nous en échappant un sourire comme un gamin qui venait de soutirer un bonbon au dépanneur du coin.

«Le monde ne me croyait pas que j'étais en forme. Moi, je savais que je l'étais...», a dit d'entrée de jeu l'athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges, faisant un peu référence à ses 39e place au sprint et 56e au 15 kilomètres de Davos, le week-end dernier.

«Honnêtement, je n'ai jamais eu de doute. Ça a toujours été comme ça depuis que je suis plus jeune. Parfois, quand j'avais 16 et 17 ans, trois jours avant d'arriver aux championnats du monde juniors, je me faisais planter par des gars qui ne m'avaient jamais battu de leur vie. Quand je fais de gros camps d'entraînement, plus je m'entraîne, mieux je me sens. C'est quand que je commence à me reposer que je me sens mal. Je suis habitué, c'est comme ça depuis longtemps», a-t-il expliqué.

Pas un sprinteur naturel

Au sommet de la dernière montée, Harvey occupait le quatrième rang des six concurrents. Devant lui, le trio menant le train avait de l'étoffe: Kriukov, champion olympique de cette spécialité à Vancouver; Northug, septuple champion du monde; Joensson, auteur de 12 victoires en Coupe du monde.

Mais le Québécois s'est accroché. Bien plus, il a comblé un retard de cinq mètres avec Joensson pour le sauter de deux secondes dans les 100 derniers mètres. Avec dix mètres de plus, qui sait, même Northug aurait pu échapper sa médaille d'argent. Pourtant, Harvey s'était tout juste qualifié parmi les 30 premiers pour les rondes éliminatoires en terminant 26e plus tôt en matinée.

«On a toujours dit qu'Alex n'est pas un sprinteur naturel. Quand il se qualifie avec une 22e ou une 26e place, ce n'est pas indicateur de sa forme jusqu'à la fin du sprint. Faut voir qu'il répète quatre courses par la suite. C'est avec l'usure qu'il réussit. On l'a vu ici qu'il est en bonne forme. Et mentalement, c'est un gars qui aime les événements importants», a commenté son entraîneur, Louis Bouchard.

Samedi et dimanche

Harvey s'accordera une journée de repos, vendredi, ne serait-ce que pour s'adonner à un jogging léger. Plus tard, les entraîneurs de l'équipe canadienne conviendront s'il participera à la poursuite de 30 kilomètres de samedi - l'une de ses spécialités - où s'il devra faire l'impasse pour économiser de l'énergie en vue du sprint par équipe de dimanche, l'épreuve qu'il avait remportée aux mondiaux d'il y a deux ans avec son ami Devon Kershaw.

Une médaille maintenant en poche, la logique laisse croire qu'il participera aux deux courses.

«On va voir, on va en parler avec les entraîneurs. Northug, lui, il fera les deux...», a affirmé le médaillé, dans une réponse qui disait tout.


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