Pierre Durocher
Agence QMI

Une cérémonie émotive pour Martin St-Louis

Une cérémonie émotive pour Martin St-Louis

Martin St-Louis, ému.Photo Mike Carlson/Getty Images/AFP

Pierre Durocher

TAMPA - «Martin, montre-leur de quoi tu es capable.» C'est ce que la défunte mère de Martin St-Louis, France, ne cessait de répéter à son fils lorsque les gens tentaient de le décourager de vivre son rêve de jouer dans la Ligue nationale de hockey en raison de son petit gabarit.

St-Louis se tirait très bien d'affaire durant son allocution vendredi soir devant une salle comble au Amalie Arena de Tampa, des spectateurs venus assister au retrait du chandail numéro 26 par le Lightning, le tout premier dans l'histoire du club.

Les cérémonies se sont déroulées avant le match contre les Blue Jackets de Columbus dirigés par John Tortorella.

Tout se passait donc très bien durant le discours jusqu'à ce que St-Louis remercie sa mère, elle qui est décédée subitement au mois de mai 2014 alors qu'il participait aux séries éliminatoires avec les Rangers de New York.

Sa plus grande admiratrice

«Elle était ma plus grande admiratrice, a-t-il lancé, la voix nouée par l'émotion. Elle a toujours cru en moi, me disant de leur montrer à ces gens qui doutaient de mes capacités qu'ils avaient tort. Maman, je pense l'avoir fait!»

Présents au centre de la patinoire, son père Normand et sa soeur Isabelle ont longtemps essuyé leur larmes. Heather, l'épouse de Martin, était elle aussi fort émue.

«Ma femme a été solide comme le roc en élevant nos trois garçons pendant que je jouais au hockey, a dit Martin. Elle a su me garder toujours humble.»

Après avoir livré le message aux jeunes de croire en eux car tout est possible dans la vie, St-Louis a quitté la patinoire sous la musique de Louie, Louie, cette entraînante chanson des Kingsmen qu'on avait l'habitude d'entendre après les buts marqués par le rapide attaquant les soirs de triomphe à Tampa.

L'ultime professionnel, selon Stamkos

Ce fut une belle cérémonie pour cet athlète d'exception, qui a appris les rudiments du hockey sur les patinoires de Laval pour atteindre la LNH contre toute attente, n'ayant jamais été repêché en raison de sa taille, même pas par une équipe de la LHJMQ.

Plusieurs anciens coéquipiers étaient sur place au Amalie Arena et c'est Steven Stamkos qui a eu l'honneur de présenter St-Louis.

«Il a été l'ultime professionnel, le coeur et l'âme du Lightning, a-t-il déclaré. Son amour et sa passion pour le hockey m'ont marqué à jamais.»

Un but inoubliable

Le Lightning a eu la bonne idée d'apporter tous les trophées individuels que St-Louis a remportés durant sa carrière, dont le plus précieux, la coupe Stanley.

«J'ai réalisé mon rêve le plus cher en 2004, a dit St-Louis. Jamais je n'oublierai les émotions vécues ce printemps-là. La coupe était à l'intérieur du domicile des Flames lorsque je suis parvenu à assurer la présentation d'un septième match à Tampa en marquant un but en deuxième période de prolongation.

«On avait célébré ce soir-là comme si on venait de remporter la coupe jusqu'à ce qu'on réalise qu'on n'avait encore rien gagné. Il avait fallu travailler très fort pour arracher la victoire aux Flames lors du match décisif.»

St-Louis avait terminé cette rencontre avec le nez ensanglanté, mais combien heureux de soulever le gros trophée aux côtés des Vincent Lecavalier, Brad Richards et compagnie.
Un petit qui jouait comme un géant. C'était ça, Martin St-Louis.

- St-Louis, qui a reçu une camionnette comme cadeau de la part du Lightning, a pris le temps de remercier Steve Yzerman, même si les deux hommes ont eu leurs différends. Il a souhaité bonne chance à son ex-patron. Il a surtout été élogieux envers Tortorella, l'homme qui a su exploiter son potentiel. Il a souligné que Rick Dudley avait changé le cours de sa vie en lui accordant un contrat comme joueur autonome à l'été 2000. St-Louis a enregistré 953 points en 972 matchs dans l'uniforme du Lightning.



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