Jean-François Chaumont
Agence QMI

Le Canada retrouvera la Russie

Jean-François Chaumont

TORONTO - Il y avait le désir d'un choc entre Connor McDavid, Johnny Gaudreau et Auston Matthews contre les prodiges d'une génération un peu plus vieille, les Sidney Crosby, John Tavares ou Drew Doughty.

La Russie a détruit ce scénario en triomphant de la Finlande 3-0, jeudi après-midi au Air Canada Centre, pour décrocher le dernier billet disponible pour le carré d'as.

En demi-finale, les Russes renoueront avec leurs éternels rivaux sur la scène internationale, les Canadiens. Aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010, le Canada avait facilement vaincu la Russie 7-3 en quart de finale. Au Championnat du monde de 2015 à Prague, les représentants de la feuille d'érable avaient également renversé la Russie avec un gain de 6-1 dans le match pour la médaille d'or.

Si la perspective d'une demi-finale entre le Canada et les jeunes de l'Amérique du Nord semblait alléchante, une confrontation plus classique opposant Alexander Ovechkin, Evgeni Malkin, Vladimir Tarasenko et Sergeï Bobrovsky à la puissante équipe de Mike Babcock devrait capter l'imaginaire.

«Je crois qu'il s'agit de l'une des plus belles grandes rivalités possible, un match Canada-Russie, a dit Tarasenko. Ils ont les meilleurs joueurs du monde.»

«C'est un match de rêve, a renchéri l'attaquant Evgeny Kuznetsov. Certains de nos joueurs n'ont jamais joué contre le Canada. Il s'agira d'un immense défi, mais nous l'acceptons. Je ne sais pas qui sera le pays favori, mais nous sommes ici pour gagner la coupe.»

Le stress de la maison

Tarasenko a déterré un souvenir douloureux, celui des Jeux olympiques de Sotchi, pour tracer un parallèle intéressant.

«Les Canadiens auront la pression de jouer à la maison, à Toronto, a mentionné l'ailier des Blues de St. Louis. À Sotchi en 2014, il y avait de grandes attentes pour la Russie et nous n'avions pas atteint notre objectif, loin de là. Malgré tout, je ne pense pas que la pression affectera le Canada, puisqu'il a des joueurs expérimentés.»

Zéro attaque

Tarasenko, Ivan Telegin et Malkin ont marqué les trois buts des Russes contre Tuukka Rask. Bobrovsky, quant à lui, a bloqué les 20 tirs des Finlandais pour obtenir le jeu blanc.

«Nous avons fait notre boulot en jouant un bon match contre la Finlande, a mentionné Tarasenko. Nous contrôlions notre destin, nous avions besoin d'une victoire et nous avons réussi.»

Médaillée d'argent au récent Championnat du monde à Moscou, la Finlande a connu un parcours désastreux à la Coupe du monde avec trois revers en autant de rencontres. Il y a une statistique qui résume parfaitement les déboires des Finlandais: un but marqué en trois matchs. Valterri Filppula aura été le seul à toucher la cible dans un revers de 4-1 contre l'Amérique du Nord.

«Si tu ne marques pas, tu ne peux pas gagner», a logiquement analysé l'entraîneur-chef de la Finlande, Lauri Marjamäki.

Si les États-Unis chercheront à oublier rapidement leur passage à Toronto, la Finlande voudra faire de même. Aleksander Barkov et Patrik Laine n'ont pas joué à la hauteur de leur talent.

«On ne cherche pas des excuses, mais nous affrontions de bonnes équipes», a lancé Barkov.

Rask a été plus mordant dans ses déclarations.

«Notre plus gros problème, c'est que quand nous ne marquons pas, nous perdons confiance, a expliqué le gardien des Bruins de Boston. Nous ne pouvons pas gagner.»

Le groupe B était celui de la mort avec la Suède, la Russie, la Finlande et les jeunes prodiges. Les Suédois et les Russes ont survécu.

En bref

Blessé, le joueur de centre Pavel Datsyuk a déclaré forfait pour le match contre la Finlande.

La Suède et Équipe Europe s'affronteront dans l'autre demi-finale.

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