Jean-François Chaumont
Agence QMI

Jaroslav Halak à l'image de sa carrière

Jaroslav Halak à l'image de sa carrière

Jaroslav Halak.Photo Szczerbowski / AFP

Jean-François Chaumont

Dans le jeu des prédictions, Équipe Europe n'avait pas la cote. Une place en demi-finale semblait inimaginable dans un groupe comprenant le Canada et les États-Unis. Cependant, ils ont déjoué les plans, une histoire n'étant pas étrangère au parcours de Jaroslav Halak dans la Ligue nationale (LNH).

Halak, qui a très longtemps joué le rôle du négligé, se retrouve au cœur de la belle aventure de l'équipe européenne depuis le début de cette Coupe du monde.

«J'ai toujours eu à me battre pour mon poste et ça ne changera pas, a lancé Halak avec un sourire dissimulant bien mal sa fierté. Au départ, je ne savais pas qui hériterait du poste de gardien numéro 1 de l'équipe. J'ai eu ma chance et j'ai réussi à la saisir.»

«Jaroslav a toujours été un gardien superbe, a renchéri le défenseur Mark Streit. À Montréal, il jouait très bien. Il a eu ce parcours incroyable en séries en 2010. Il est un bon gardien. Dans un tournoi comme la Coupe du monde, il n'y a pas beaucoup de matchs, ça se déroule très rapidement. Si tu perds un match, tu es dans le pétrin. Il faut un gardien solide. "Jaro" a fait les arrêts-clés pour nous.»

À son premier départ, le Slovaque a bloqué 35 tirs dans une victoire de 3-0 contre une équipe américaine désorientée. Halak a poursuivi sa route avec 28 arrêts dans un gain de 3-2 en prolongation contre la République tchèque. Il a terminé le tour préliminaire avec un revers de 4-1 contre la puissante formation canadienne qui l'a bombardé à 46 reprises.

En demi-finale, Halak et ses coéquipiers en provenance de huit pays différents de l'Europe affronteront la Suède. Encore une fois, on ne donnera pas cher de sa peau.

Une bonne initiative

La Slovaquie est le pays le mieux représenté au sein de l'équipe de Ralph Krueger avec six joueurs sur 23.

«Je ne joue pas pour mon pays, mais j'ai quand même le logo sur la manche de mon chandail, a répliqué Halak. C'est aussi une question de fierté. Je m'habitue tranquillement aux couleurs d'Équipe Europe. Ça ressemble un peu aux couleurs de la Slovaquie, mais il manque le rouge.»

«C'est la façon qu'ils ont construit ce tournoi, a-t-il poursuivi. Ils ne pouvaient pas inviter tous les petits pays de l'Europe. Je trouve qu'il s'agissait d'une bonne idée. C'est une première, mais j'aime la formule.»

Un poste à reconquérir

À Toronto, Halak a déjà gagné une première bataille. Dans la hiérarchie des gardiens de son équipe, il a devancé les Allemands Philipp Grubauer et Thomas Greiss. Au prochain camp des Islanders de New York, le petit gardien aura encore comme objectif de distancer Greiss, qui jouait le rôle de partant en fin de saison après la blessure à l'aine de son coéquipier.

«Je ne me retrouve pas dans l'environnement des Islanders en ce moment, donc je préfère parler d'Équipe Europe, a répliqué Halak. Je me concentre sur la Coupe du monde. Je changerai ma mentalité dans quelques jours à mon arrivée au camp à Brooklyn. Je peux juste vous dire que j'ai profité de l'été pour bien guérir mes blessures. Je me sens bien.»

Capitaine des Islanders, mais rival à la Coupe du monde, John Tavares ne parierait pas contre les chances de Halak de rebondir cette saison.

«"Jaro" a connu une saison en montagne russe l'an dernier, a dit Tavares. Physiquement, c'était un combat pour lui. Je l'ai vu à New York avant le début de la Coupe du monde et il m'a dit qu'il avait chassé ses blessures. Il joue vraiment bien depuis le début du tournoi. Il profitera de la Coupe du monde.»

«Greiss a bien joué pour nous l'an dernier, a-t-il enchaîné. Il a saisi sa chance et il jouait comme un gardien numéro 1. Mais dans la LNH d'aujourd'hui, il n'y a plus beaucoup de gardiens qui terminent l'année avec 60 ou 70 départs. Tu dois compter sur deux bons gardiens. C'est le cas pour nous avec les Islanders.»

Un visage connu... des Québécois

Parti de Montréal depuis déjà six ans, Halak gardera toujours un lien avec sa première ville dans la LNH.

«Quand je marche dans les rues de Montréal, je me fais encore reconnaître, a-t-il affirmé. Et quand je dois signer un autographe ou prendre une photo aux États-Unis, c'est pratiquement toujours pour un partisan originaire du Québec. St. Louis et New York sont des bonnes villes de hockey, mais ce n'est pas le même niveau de passion qu'à Montréal.»

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