Pierre Durocher
Agence QMI

Lemaire appréciait autant l'homme que l'athlète

Lemaire appréciait autant l'homme que l'athlète

Martin Brodeur a eu droit à une cérémonie fertile en émotions. Photo Getty Images AFP

Pierre Durocher

NEWARK, New Jersey - Ses trois conquêtes de la coupe Stanley, Martin Brodeur les a réalisées avec des entraîneurs-chefs issus de l'organisation du Canadien de Montréal.

L'aventure a commencé avec Jacques Lemaire en 1995 et elle s'est poursuivie en 2000 avec Larry Robinson et en 2003 avec Pat Burns.

Lemaire et Robinson étaient sur place mardi soir pour voir le numéro 30 être retiré par les Devils du New Jersey, tandis que Burns, qui est décédé en 2010, était représenté par sa conjointe Line.

«J'ai grandi en admirant le Canadien et je me suis vite senti à l'aise à mon arrivée dans la LNH [Ligue nationale de hockey] en raison de la présence de Jacques, de Larry, de Jacques Caron, ainsi que de joueurs comme Claude Lemieux et Stéphane Richer», a expliqué Brodeur.

«Ça m'a aidé à faire la transition entre les rangs juniors et la LNH. On apprend en côtoyant des gagnants.»

Un grand rôle

Robinson ne tarit pas d'éloges à l'égard de Brodeur.

«Il est la raison principale pour laquelle j'ai pu remporter deux coupes Stanley dans le rôle d'entraîneur. Il a été l'un des meilleurs gardiens de l'histoire de la LNH, celui que je voudrais avoir devant le filet dans un match sans lendemain.»

«J'aimais son attitude en général, a ajouté Robinson. De jouer au hockey était un réel plaisir pour Martin. Il avait toujours un sourire accroché au visage.»

L'homme avant le joueur

Lemaire a confié que les qualités humaines de Brodeur l'impressionnaient tout autant que ses qualités athlétiques.

«Je n'accorde pas une grande importance aux records qu'il a établis. C'est avant tout une très bonne personne, issue d'une belle famille, a-t-il résumé. Il semait la bonne humeur autour de lui par son attitude.»

«Il était un joueur très déterminé, qui ne pensait qu'à gagner. Martin possédait la force mentale des champions. La pression ne lui faisait jamais peur.»

Il tenait à affronter les meilleurs

Lemaire se souvient des débuts de Brodeur avec les Devils, lorsqu'il devait partager le travail avec Chris Terreri.

«Avant une séquence de trois matchs en quatre soirs, je lui avais demandé à quelles rencontres il voulait participer. Je lui avais fait comprendre qu'il ne pouvait pas disputer les trois matchs, qu'il avait besoin de repos. Il avait alors choisi d'affronter les deux plus fortes équipes», a relaté Lemaire.

«C'est le genre de compétiteur qu'il était. Il voulait être le meilleur, même durant les séances d'entraînement. Il lançait régulièrement des défis à ses coéquipiers. Martin était tellement habile avec la rondelle. Il faisait de meilleures passes que certains de nos défenseurs!»

En bref

Lemaire est heureux dans son boulot de conseiller spécial avec les Maple Leafs de Toronto.

«J'ai eu des discussions avec le Canadien l'an dernier, de même qu'avec le Lightning [de Tampa Bay], mais je ne pouvais pas refuser l'offre de travailler une fois de plus avec Lou Lamoriello. Les Maple Leafs m'ont confié des tâches qui sont moins exigeantes, ce qui fait bien mon affaire», a expliqué Lemaire, qui réside en Floride.

***

Robinson peut comprendre la décision de Brodeur

Larry Robinson et Ken Daneyko comprennent la décision de Martin Brodeur d'avoir voulu poursuivre sa carrière avec les Blues de St. Louis en 2014-2015, même s'il n'a disputé que sept matchs avec cette équipe.

«Il avait encore le goût de jouer, a dit Robinson. Bien sûr qu'on pensait que Martin passerait toute sa carrière avec les Devils [du New Jersey], mais on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve. Je croyais bien passer toute ma carrière à Montréal, mais ne l'ai-je pas terminée dans l'uniforme des Kings?»

«Ces quelques années passées à Los Angeles m'ont ouvert les portes pour devenir entraîneur-chef. Aujourd'hui, Martin a la chance d'agir comme adjoint au directeur général à St. Louis. Il semble suivre la même voie que moi.»

Daneyko avoue avoir été déçu lorsque Brodeur a quitté les Devils.

«J'ai toutefois compris par la suite qu'il devait faire ce qu'il y avait de mieux pour lui et il se plaît aujourd'hui dans son rôle d'adjoint à Doug Armstrong. Martin est un gars intelligent et il a su élargir ses horizons. On le reverra possiblement un jour dans l'organisation des Devils.»

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