Jean-François Chaumont
Agence QMI

De l'Alaska au Missouri

De l'Alaska au Missouri

Colton Parayko.Photo Jasen Vinlove / USA Today Sports

Jean-François Chaumont

ST. LOUIS - Il y a un an, Colton Parayko se retrouvait à Fairbanks, en Alaska, à près de 3000 kilomètres au nord-ouest de la ville la plus proche abritant une équipe de la Ligue nationale (LNH), Edmonton. Cet éloignement géographique illustre assez bien le parcours de ce colosse défenseur des Blues de St. Louis.

Plus jeune, Parayko ne se destinait pas pour une carrière dans la meilleure ligue au monde. Il n'était pas dans le radar des recruteurs.

Les Blues ont eu le flair de le repêcher en 2012, à sa deuxième année d'admissibilité. Originaire de St. Albert en Alberta, il venait de compléter une seconde saison avec les Oil Barons de Fort McMurray dans le junior A. Encore une fois, il était loin des grosses équipes de la Ligue junior de l'Ouest.

«Je ne figurais même pas parmi les 200 meilleurs espoirs en Amérique du Nord pour le repêchage, a raconté Parayko. Je n'étais pas à Pittsburgh. J'avais rencontré les Blues une fois avant le repêchage, je ne savais pas qu'ils voulaient me réclamer. J'avais entendu dire que c'était possible pour moi, mais je n'avais pas envie de me déplacer avec toute ma famille et de ne pas entendre mon nom.»

«La deuxième journée du repêchage, je ne suivais même pas ça sur le web. J'étais à la maison à St. Albert en Alberta quand j'ai reçu un téléphone d'Al MacInnis. J'étais sous le choc. C'était vraiment fou. Quand j'étais plus jeune, je me souvenais de le regarder jouer. Je ne savais pas quoi lui répondre quand il m'a dit que les Blues venaient de me repêcher au troisième tour. J'étais sans mot.»

C'était au mois de juin 2012. Trois ans plus tard, Parayko porte les couleurs des Blues. Avant d'aboutir au Missouri, il a joué trois ans à l'Université Alaska-Fairbanks et il a fait un court séjour de 17 matchs au printemps dernier avec les Wolves de Chicago dans la Ligue américaine.

«Quand je prends un pas de recul, je réalise que j'ai parcouru une longue route depuis deux ou trois ans, a rappelé le défenseur de 22 ans. C'est assez fou. Il n'y a pas si longtemps, je ne m'imaginais pas dans la LNH. Mais, je ne veux pas arrêter. Je désire poursuivre mon ascension.»

Pas juste grand

À 6 pi et 5 po et 213 lb, Parayko a le physique de l'emploi. Pour un défenseur aussi imposant, il a également un très bon coup de patin et il possède un puissant tir. L'Albertain se retrouve d'ailleurs au sommet des marqueurs chez les recrues de première année de la LNH avec 17 points (six buts, 11 aides).

«Je souhaitais connaître un bon départ à ma première saison dans la LNH, mais je ne peux pas dire que je suis estomaqué, a répliqué le sympathique droitier. Je me réjouis de constater que j'ai le talent pour jouer à ce niveau. Le plus gros défi sera de m'améliorer sur une base constante.»

Dans le vestiaire des Blues, Parayko a rapidement gagné le respect de ses coéquipiers.

«Je ne le connaissais pas trop avant cette année, a admis le défenseur Alex Pietrangelo. J'ai patiné avec lui cet été à St. Louis et j'ai rapidement compris qu'il avait du talent. Depuis le jour 1 du camp, Colton ressort du lot. Il a été le meilleur joueur à notre tournoi des recrues à Traverse City et il n'a pas ralenti par la suite. Il a connu un très bon camp, forçant les Blues à lui faire une place.»

«Il n'est pas le seul joueur qui sort un peu de nulle part, a poursuivi Pietrangelo. Les Blues ont réussi toute une prise en le réclamant au troisième tour. À mes yeux, il est déjà un joueur spécial, mais il le sera encore plus d'ici quelques saisons. Il a seulement 22 ans.»

À l'instar de Pietrangelo, Kevin Shattenkirk lui prédit un très bel avenir.

«Quand il aura deux ou trois ans derrière la cravate, il sera vraiment tout un défenseur», a mentionné Shattenkirk.

Aussi sur Canoe.ca



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos