Jean-François Chaumont
Agence QMI

Crosby redevient Crosby

Crosby redevient Crosby

Sidney Crosby. Photo USA Today Sports

Jean-François Chaumont

MONTRÉAL - À 18 ans, Sidney Crosby dépassait déjà le mythique plateau des 100 points. Dix ans plus tard, le prodige de Cole Harbour, en Nouvelle-Écosse, a réalisé une tonne d'exploits: une bague de la Coupe Stanley avec les Penguins de Pittsburgh et deux médailles d'or aux Jeux olympiques avec Équipe Canada, sans compter qu'il a gravé son nom sur une multitude de trophées.

Maintenant âgé de 28 ans, celui qu'on surnomme encore «Sid the Kid» a expérimenté une nouvelle réalité, celle de se retrouver loin du sommet des marqueurs. Avant sa visite à Montréal, le capitaine des Penguins ne comptait que 31 points en 39 matchs.

Selon ses standards, il s'agit d'une anomalie. Depuis ses premiers pas à Pittsburgh en 2005-2006, il a toujours produit à un rythme de plus d'un point par rencontre.

«Sur une note personnelle, je n'obtenais pas les points que je désirais, surtout pour les 30 premières parties de la saison, a noté Crosby encerclé par une meute de journalistes à sa sortie d'un entraînement matinal au Centre Bell. C'était la même histoire avec notre équipe : nous ne gagnions pas assez. Les deux phénomènes étaient reliés. Pour gagner, tu as besoin de tes bons joueurs.»

«Ce n'est pas la première fois que je traversais une période difficile, a poursuivi le numéro 87. Tu dois travailler encore plus fort pour t'en sortir. Il n'y a pas de recette parfaite. J'étais parfois affecté mentalement par ma production. Tu veux toujours être meilleur. Parfois, tu as juste besoin d'un bon match ou d'un peu de chance et tu te retrouves sur le bon chemin.»

Une production à la hausse

Crosby a justement retrouvé ce bon chemin depuis l'arrivée de l'entraîneur-chef Mike Sullivan après le congédiement de Mike Johnston le 12 décembre. À ses neuf dernières sorties, il affiche maintenant des statistiques plus à son image avec 12 points, dont six buts.

«Oui, j'ai le sentiment que je trouve mon rythme, a affirmé Crosby. Je génère plus d'occasions de marquer depuis quelques semaines et j'obtiens plus de points. C'est bon pour mon moral. Mais, comme groupe, nous jouons mieux aussi et c'est ça le plus important.»

«Mentalement, ça fait du bien de débloquer offensivement, a-t-il continué. J'ai cette responsabilité de marquer des buts et d'obtenir des mentions d'aide.»

Un vrai pro

À ses premiers jours derrière le banc des Penguins, Sullivan n'avait que de bons mots pour son capitaine.

«Depuis que je suis ici à Pittsburgh, "Sid" est incroyable, a-t-il dit. Je peux seulement parler de ce que j'ai vu, je ne peux avoir une opinion sur les premiers mois de l'année. Sidney reste un joueur de calibre mondial et il est une menace chaque fois qu'il saute sur la glace. Il se comporte comme un professionnel et il achète le concept d'équipe que je désire implanter. Il agit vraiment comme un bon meneur.»

Pas malheureux

À l'intérieur du vestiaire des Penguins, il n'y a jamais eu de grandes inquiétudes pour Crosby.

«Tu n'as pas de meilleur exemple d'un pro que lui, a déclaré le défenseur Kristopher Letang. Il vient à l'aréna, travaille plus fort et essaie de devenir meilleur. Je ne suis pas dans sa tête, mais son attitude, les efforts qu'il a mis sur la glace et en dehors, on sait qu'il est vraiment professionnel. Tu pouvais juste continuer à le suivre.

«Ce n'était pas parce qu'il avait changé quelque chose. Tout le monde vit des moments comme ça dans sa carrière. Avec Marc-André Fleury, ça n'avait pas bien été il y a quelques années et aujourd'hui, c'est lui qui nous sauve à chaque match.»

Il y a quelques semaines, plusieurs analystes se demandaient si Crosby ne commençait pas à ressentir le poids de ses commotions cérébrales. Certains se posaient même la question à savoir s'il vivait encore des jours heureux à Pittsburgh. Pour Letang, les différentes théories ne tiennent pas la route.

«Malheureux? Ah, les rumeurs de Montréal!, a-t-il répliqué avec le sourire. Tu es habitué de le voir à ce temps-ci de la saison avec 60 points. "Malheureux" n'est pas le bon mot. Déçu? Oui. Il s'attend à beaucoup de lui-même, il se met beaucoup de pression, c'est pour ça qu'il est probablement le meilleur joueur de la Ligue nationale. Mais on a la chance de jouer au hockey tous les jours. Si tu deviens malheureux, c'est le temps d'arrêter.»

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