Le système avant les étoiles

Sénateurs

Paul MacLean Photo Marianne Helm/Getty Images/AFP/Archives


Jean-François Chaumont

OTTAWA - Paul MacLean n'a pas pleuré. Il n'a pas rasé sa célèbre moustache dans l'espoir de conjurer le mauvais sort qui s'abat sur son équipe. Il a simplement poursuivi son travail.

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Du jour au lendemain, l'entraîneur-chef des Sénateurs a perdu les trois morceaux les plus importants de son casse-tête avec les blessures à Jason Spezza, Erik Karlsson et Craig Anderson.

Pour mieux illustrer l'impact de ce trio de blessés, les Sénateurs ont fait leur deuil du gagnant du trophée Norris, de leur premier joueur de centre et de leur gardien numéro un.

Le commun des mortels parlerait d'un cauchemar, mais pas MacLean.

«C'est vrai que tu ne peux pas remplacer un gars comme Karlsson, a dit MacLean. Il n'y a qu'un seul Karlsson, personne dans la ligue n'en a un, nous sommes les seuls. Notre unique réponse est de jouer, tout simplement.»

Malgré l'hécatombe, les Sénateurs (11-6-2) ont maintenu le cap. Dans un instinct de survie, ils ont gagné quatre de leurs cinq premières sorties sans Karlsson qui s'absentera pour une période minimum de trois mois.

L'attitude gagnante

Assis tranquillement dans les gradins de la Place Banque Scotia pendant l'entraînement matinal de son équipe, lundi, Bryan Murray a décrit l'impact de son entraîneur dans cette période de tempête.

«Trop souvent, on oublie de parler de l'entraîneur, mais Paul a construit une nouvelle philosophie depuis son arrivée à la barre de l'équipe l'an dernier», a rappelé le directeur général des Sénateurs lors d'un entretien au« Journal de Montréal».

«Il règne maintenant une attitude gagnante à Ottawa et tous les joueurs croient en son système, a-t-il ajouté. C'est difficile de perdre plusieurs gros noms, mais nous ne pouvons arrêter de croire en notre équipe. J'ai aussi comme philosophie que le système d'une équipe doit être plus fort qu'un, deux ou trois joueurs.»

Des messages importants

MacLean et Daniel Alfredsson, le capitaine et l'âme de cette équipe depuis longtemps, ont chacun pris la parole dans le vestiaire des Sénateurs au cours des derniers jours.

«Paul est tout un entraîneur, a reconnu le robuste ailier, Chris Neil. Il nous a rapidement lancé le message que nous ne pouvions pas nous servir des blessés comme excuse. Nous avons toujours le même objectif en tête et c'est de gagner.»

Pour Alfredsson, la solution passera par l'exécution du système de jeu instauré par MacLean.

«Je n'ai pas fait un long discours aux gars, mais j'ai rappelé des points importants, a souligné le Suédois de 40 ans. On a un bon système. Si tu as un bon système et que tout le monde travaille fort, tu peux surmonter des obstacles. Évidemment qu'à long terme, on serait meilleurs avec tous nos éléments. Mais on suit le plan de match et chacun fait sa part.»

Pour expliquer les succès à court terme de l'équipe, il y a aussi plusieurs héros obscurs ou méconnus.

Ben Bishop a fait du bon boulot devant le filet. À la ligne bleue, les vétérans Chris Phillips, Sergei Gonchar et Marc Methot ont obtenu l'aide des André Benoit, Eric Gryba et Patrick Wiercioch, trois défenseurs qui ont porté les couleurs des Sénateurs de Binghamton cette saison dans la Ligue américaine de hockey.

À l'attaque, les recrues Mika Zibanejad et Jakob Silfverberg, deux Suédois, ont aussi chaussé de plus grands patins.

Les Sénateurs auront maintenant la périlleuse mission de poursuivre leur bon travail sur une période à long terme.

«Si nous pouvons nous débrouiller à court terme, je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas faire la même chose sur une plus longue période», a lancé Alfredsson d'un ton convaincant.


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