La sagesse d'un quadragénaire

Martin

René Bourque et Martin Brodeur le 27 janvier 2013 Photo Martin Chevalier / Agence QMI


Jean-François Chaumont

Martin Brodeur a toujours vu son nom au sommet des principales statistiques pour un gardien : les victoires, les jeux blancs, la moyenne ou le taux d'efficacité. Depuis le départ de Dwayne Roloson, il trône aussi dans une autre catégorie, celle du plus vieux gardien de la Ligue nationale (LNH).

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À 40 ans, Brodeur est le doyen des gardiens par un peu plus de trois ans sur Evgeni Nabokov (Islanders) et par quatre ans sur Chris Mason (Predators) et Tomas Vokoun (Penguins).
Le chiffre 40 n'a aucunement fait peur au vétéran gardien des Devils.

«C'est la même affaire qu'à 39 ans, a dit Brodeur quelques minutes avant le match entre les Devils du New Jersey et le Canadien de Montréal, dimanche, au Centre Bell. Je ne vois pas de différence. J'ai encore du gaz dans le réservoir.»

Depuis qu'il a soufflé ses 40 bougies le 6 mai dernier, Brodeur a dissipé tous les doutes. Il a encore le talent pour se maintenir parmi l'élite de sa profession.

«Le succès qu'on a connu dans les séries m'a convaincu, a expliqué le roi des victoires (659) et des blanchissages (120) dans l'histoire de la LNH. Quand tu vieillis, tu te poses la question à savoir si tu peux rester aussi compétitif. J'ai été capable de le prouver à moi-même, je n'avais pas à le prouver aux autres. Ça ne me dérange pas ce que les gens pensent de moi. »

Peter DeBoer a également parlé de la présence de la formation du New Jersey en finale au printemps dernier face aux Kings de Los Angeles comme un tournant.

«Martin est incroyable, a affirmé l'entraîneur-chef des Devils. Il est revenu en très grande forme après le lock-out. Le long parcours en séries de l'an dernier l'a revigoré. Il joue aussi bien en ce début de saison qu'en finale de la coupe Stanley. C'est tout un exploit après plus de six mois sans hockey.»

La préparation hors glace

Toujours aussi calme avant une rencontre, Brodeur a dévoilé un de ses secrets pour sa longévité.

«Plus tu vieillis, plus tu dois faire des sacrifices pour mieux te préparer, a-t-il souligné. Depuis quelques ans, je m'entraîne plus fort. J'ai engagé un spécialiste du conditionnement physique de Montréal qui fait le trajet jusqu'à ma maison dans le nord l'été.»

«Je ne cherche pas à m'améliorer, je souhaite surtout prévenir les blessures, a-t-il ajouté. Je n'ai pas joué un style papillon toute ma vie et je crois que ç'a possiblement sauvé mes genoux et mes hanches.»

Un contrat de deux ans

Le 2 juillet dernier, Brodeur a écrit son nom au bas d'un contrat de deux ans et 9 millions $ avec les Devils. Malgré son grand lien d'amitié avec Lou Lamoriello, il a travaillé fort pour le convaincre de lui offrir une entente de deux saisons.

«Je voulais un contrat de deux ans pour plusieurs raisons, a-t-il rappelé. Il y avait aussi la menace du lock-out. Quand on parle de la possibilité d'un lock-out dans la LNH, il y en a toujours un. Je voulais obtenir une plus grande sécurité.»

Brodeur voulait aussi se libérer de toujours répondre aux mêmes questions au sujet de la possibilité d'accrocher ses jambières.

«J'entends encore parler de la retraite, on dirait qu'il y a plusieurs personnes qui ignorent que j'ai signé un contrat de deux ans, a-t-il lancé avec un large sourire. L'an dernier, je trouvais ça plus difficile mentalement. On me posait toujours la question. Et honnêtement, je ne savais pas si je voulais continuer ou non.»

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